Alors que l’Afrique du Sud peine à endiguer les violences faites aux femmes, la fondation Uyinene Mrwetyana exhorte les autorités à intensifier leurs efforts, trois ans après le meurtre de sa fille.
Un appel à l’action face à l’impunité persistante
Créée en mémoire d’Uyinene Mrwetyana, victime de viol et de meurtre en août 2019 au bureau de poste de Clareinch à Claremont, la fondation dénonce le manque de réactivité des pouvoirs publics. Malgré les mobilisations citoyennes et les initiatives symboliques comme la marche annuelle de commémoration organisée entre Claremont et l’Université du Cap, les cas de violences basées sur le genre (VBG) restent endémiques. Pour Nomangwane Mrwetyana, cofondatrice de la fondation et mère d’Uyinene, la situation est alarmante : « C’est profondément frustrant. On a l’impression que le gouvernement ne perçoit pas l’urgence de ce dossier. Pourtant, nous continuerons à nous battre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul cas de VBG dans ce pays. »
Des symboles forts, mais des résultats insuffisants
Chaque année, la marche de commémoration rassemble des centaines de participants pour honorer la mémoire d’Uyinene et sensibiliser l’opinion publique. Pourtant, les statistiques officielles confirment l’ampleur du fléau : en 2022, plus de 40 000 cas de violences sexuelles ont été enregistrés en Afrique du Sud, selon les données policières. Les associations dénoncent un système judiciaire lent et des peines souvent trop clémentes pour les agresseurs, alimentant un sentiment d’impunité. La fondation exige désormais des mesures concrètes : renforcement des enquêtes, formation des forces de l’ordre et allocation de budgets dédiés à la prévention.
Un combat qui dépasse les frontières
Le cas d’Uyinene a cristallisé l’indignation nationale et inspiré des mouvements similaires à travers le continent, où les violences faites aux femmes restent un fléau persistant. En Afrique du Sud, où une femme est tuée toutes les trois heures selon des estimations, la pression sur le gouvernement s’accentue. Les militants soulignent que les promesses politiques, comme la création de tribunaux spécialisés, peinent à se concrétiser. Pour la fondation, l’heure n’est plus aux discours, mais aux actes : « Nous ne voulons plus de déclarations creuses. Il faut des actions immédiates pour protéger les femmes et les filles », martèle Nomangwane Mrwetyana. Le débat dépasse désormais le cadre national, interrogeant la capacité des États africains à garantir la sécurité des femmes.