Le continent africain abrite des monuments d’une valeur historique mondiale, pourtant les fonds générés par le tourisme peinent à couvrir les besoins de conservation. Au Ghana, les recettes touristiques ont atteint 4,8 milliards de dollars en 2024, mais les sites comme les forts de la côte restent sous‑financés.
Des recettes touristiques qui ne profitent pas aux monuments
Les arrivées internationales ont dépassé 1,31 million en 2025, mais la majorité de ces revenus est absorbée par les services d’hébergement, la restauration et les transports, laissant peu de marge pour l’entretien des sites classés. En mai 2024, le Ghana Museums and Monuments Board a reconnu publiquement que le manque de financement compromettait la conservation des artefacts et la mise en place de programmes éducatifs.
Exemple de Robben Island : succès partiel et limites
En Afrique du Sud, le musée de Robben Island a accueilli 247 530 visiteurs au cours de l’exercice 2023/24 et a dégagé un excédent de 32,1 millions de rands. Malgré ce résultat, les responsables ont signalé que les fonds alloués à la conservation restaient insuffisants et que la capacité des ferries ainsi que les conditions météorologiques difficiles limitaient l’accès. Le cas montre que même une destination mondialement reconnue peut voir son patrimoine menacé lorsque les revenus ne sont pas réinvestis.
Cadre institutionnel et lacunes de financement
Au Ghana, la responsabilité de la préservation incombe au Museums and Monuments Board, tandis que la Ghana Tourism Authority, créée par la loi sur le tourisme de 2011, gère le développement du secteur. Cette loi a institué un Fonds de développement touristique alimenté par une taxe de 1 % prélevée sur les entreprises touristiques. Cependant, aucune donnée publique ne détaille le montant collecté, la part réellement affectée à la conservation et les dépenses administratives, ce qui empêche une évaluation transparente de l’efficacité du dispositif.
Vers une gestion durable du patrimoine
Pour transformer le patrimoine en véritable atout national, plusieurs mesures sont proposées : établir un inventaire actualisé de chaque site, définir un plan d’investissement sur dix ans en priorisant les monuments les plus vulnérables, et réserver une portion des recettes d’entrée exclusivement à la maintenance. Le partenariat avec le secteur privé peut fournir les infrastructures d’accueil, à condition que les conservateurs restent maîtres d’œuvre. Enfin, les diasporas africaines pourraient soutenir des fonds de dotation gérés de façon transparente, renforçant ainsi le lien entre communauté et préservation.