Le parti d'opposition African Democratic Congress (ADC) a formellement interpellé le président Bola Tinubu concernant une divergence financière majeure de 12,4 milliards de dollars identifiée dans les comptes extérieurs du Nigeria. Cette somme, révélée par le dernier rapport de la Banque mondiale, soulève des questions critiques sur la gestion des revenus pétroliers et la transparence des flux financiers du pays.
Une anomalie financière pointée par la Banque mondiale
Dans son rapport d'octobre 2026 sur le développement du Nigeria, la Banque mondiale a mis en lumière un écart de 12,4 milliards de dollars dans les comptes extérieurs du pays pour le premier semestre de l'année. Cette disparité est d'autant plus notable qu'elle dépasse le surplus du compte courant enregistré sur la même période et représente environ 5,6 fois le montant des investissements directs étrangers attirés par le pays. L'institution financière internationale attribue cette situation à la non-rapatriation de certains revenus pétroliers, en partie liés à des engagements de production de brut gagés sur des prêts à long terme.
L'exigence de transparence face à la crise économique
Pour l'ADC, cette somme représente près d'un quart du budget fédéral 2026, fixé à 68,32 billions de nairas. Le parti dénonce un contraste frappant entre les difficultés quotidiennes des ménages nigérians, confrontés à une inflation sévère, et l'opacité entourant ces flux financiers. Le porte-parole de la formation politique, Bolaji Abdullahi, a souligné que le gouvernement ne peut se contenter de saluer les indicateurs positifs du rapport de la Banque mondiale tout en ignorant cette anomalie comptable majeure.
Les demandes de reddition de comptes
Face à cette situation, l'ADC exige que l'exécutif publie une réconciliation complète des comptes et apporte des éclaircissements sur la gestion des revenus d'exportation. Le parti demande également une transparence totale sur les prêts adossés au pétrole, ainsi que des données actualisées sur les réserves nettes de change. L'enjeu, selon l'opposition, est de garantir que les sacrifices demandés aux citoyens en raison des réformes économiques soient accompagnés d'une gestion rigoureuse et responsable des ressources publiques, notamment pour soutenir les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'énergie.