L'influenceuse sénégalaise Mariama Ba, connue sous le pseudonyme de « Nourah Ba », fait l'objet d'une procédure judiciaire complexe après son interpellation par la Division spéciale de cybersécurité. Au-delà des accusations d'incitation à la haine et d'injures publiques, l'enquête soulève des interrogations sur la régularité de ses documents d'identité.
Les chefs d'accusation et le contexte numérique
Âgée de 29 ans, Mariama Ba a été placée en garde à vue suite à la diffusion de contenus en ligne ciblant les autorités gouvernementales, des guides religieux et une partie de la population sénégalaise. Les autorités lui reprochent des propos qualifiés de contraires aux bonnes mœurs, des injures fondées sur l'origine nationale ainsi qu'une incitation à la haine. Ces publications, qui ont suscité de vives réactions au sein de l'opinion publique, ont conduit à son déferrement au parquet par la Division spéciale de cybersécurité.
Les zones d'ombre sur l'état civil à Nguidilé
Lors de ses auditions, la mise en cause a évoqué des difficultés administratives rencontrées en 2023 lors d'une tentative d'obtention d'un acte de naissance à Nguidilé. Selon ses déclarations, l'agent d'état civil aurait contesté la validité de son document, affirmant que le numéro d'enregistrement correspondait à une autre personne. Cette irrégularité présumée a poussé les enquêteurs à adresser des réquisitions à la Direction de l'automatisation des fichiers et à la mairie de Nguidilé afin de vérifier les conditions d'obtention de ses titres d'identité, notamment son passeport et sa carte nationale d'identité.
Mobilisation et enjeux judiciaires
L'affaire prend une dimension supplémentaire avec le dépôt de plaintes, dont celle du député Tahirou Sarr. Parallèlement, le Collectif d'associations contre la xénophobie (CAX) s'est mobilisé pour soutenir la jeune femme, lançant une cagnotte destinée à couvrir ses frais de défense juridique. La situation de Mariama Ba, qui a nécessité une brève hospitalisation durant sa garde à vue, reste sous étroite surveillance judiciaire alors que le dossier suit son cours devant le procureur.