À deux mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, l’affaire Epstein resurgit comme une menace politique majeure pour Donald Trump. Une offensive parlementaire et de nouvelles révélations pourraient contraindre les républicains à se positionner sur des documents embarrassants, alors que la cote d’approbation du président s’effondre.
Une offensive parlementaire pour forcer la transparence
Le républicain Thomas Massie a lancé une nouvelle procédure au Congrès, le *Epstein Files Transparency Act II*, visant à contraindre la Chambre des représentants à voter sur la publication de documents supplémentaires liés à l’affaire Epstein. Ce texte, co-signé avec le démocrate Ro Khanna, s’inscrit dans une stratégie de transparence déjà engagée, mais dont les résultats ont été décevants : la première vague de documents rendus publics en mars 2026, largement caviardés, a au contraire alimenté les spéculations et relancé les interrogations.
Selon Massie, ce projet de loi permettrait aux procureurs généraux des États d’accéder aux fichiers Epstein pour poursuivre les responsables, tout en facilitant les poursuites pour les victimes. Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait placer les élus républicains face à un dilemme : voter contre la transparence ou risquer de voir émerger des révélations compromettantes pour leur camp.
Des accusations qui pèsent sur Trump
Parmi les documents déjà publiés figurent des résumés d’entretiens du FBI évoquant des accusations d’agression sexuelle portées contre Donald Trump par une femme affirmant avoir été mineure au moment des faits. Selon son témoignage, Jeffrey Epstein l’aurait présentée à Trump dans les années 1980, avant que ce dernier ne tente de lui imposer un acte sexuel et ne la frappe. Ces allégations, niées par Trump et qualifiées d’infondées par la Maison-Blanche, n’en restent pas moins un sujet de préoccupation pour son électorat.
Romuald Sciora, essayiste et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’IRIS, souligne que si ces accusations s’avéraient sérieuses, elles pourraient saper la base même du soutien à Trump, y compris parmi ses fidèles. « Son seul vrai risque politique réside dans ce dossier sexuel », estime-t-il. Une vulnérabilité d’autant plus critique que sa cote d’approbation a chuté à 33 %, son plus bas niveau depuis le début de son second mandat.
Un calendrier électoral sous haute tension
Avec les élections de mi-mandat prévues en novembre, la pression sur les républicains s’intensifie. Thomas Massie doit réunir 218 signatures pour forcer un vote sur son texte, mais le président de la Chambre, Mike Johnson, pourrait tenter de repousser la décision après le scrutin. Pourtant, les observateurs anticipent déjà une exploitation politique des dossiers Epstein par l’opposition, notamment via des médias comme le *New York Times*, qui pourraient revenir sur les documents caviardés.
« L’opposition va s’en faire des gorges chaudes durant les mois de septembre et d’octobre », prédit Sciora. Pour Trump, dont l’image est déjà fragilisée, cette affaire représente un danger électoral majeur, alors que son électorat traditionnel, bien que tolérant à ses écarts, pourrait être moins enclin à lui pardonner des allégations aussi graves. La question n’est plus de savoir si l’affaire Epstein resurgira, mais quand – et avec quelles conséquences pour la campagne républicaine. »