L'affaire impliquant l'entrepreneuse Mame Diarra Thiam, connue sous le nom de « Diodio Glow Skin », marque une étape décisive dans la lutte contre le cyber-harcèlement au Sénégal. Alors que la garde à vue de la mise en cause a été prolongée, le dossier s'oriente vers l'ouverture d'une information judiciaire, illustrant la volonté des autorités de réprimer les campagnes de dénigrement orchestrées sur les plateformes numériques.
L'implication de la Division spéciale de cybersécurité
L'enquête, menée par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), s'appuie sur une expertise technique rigoureuse. Lors des premières auditions, la mise en cause a été confrontée à des preuves numériques jugées irréfutables par les enquêteurs. Ces éléments auraient initialement conduit Mame Diarra Thiam à reconnaître le financement d'une campagne de dénigrement ciblée, avant qu'un revirement de stratégie ne survienne lors d'une confrontation avec sa co-prévenue, Rokhaya Fall, dite « Rox la Chancelière ».
La matérialité des preuves audio
Malgré les contradictions dans les déclarations des prévenues, le dossier judiciaire s'appuie sur des pièces sonores jugées accablantes. Des enregistrements vocaux, caractérisés par une extrême violence verbale, ont été versés aux débats. Ces documents audio, qui font état de transactions financières liées à des actions de harcèlement, constituent le cœur des investigations. Ils documentent la réalité d'un marché occulte où la réputation d'autrui devient une marchandise soumise à des attaques coordonnées.
Vers une instruction judiciaire
La tournure prise par cette affaire souligne l'enjeu croissant de la régulation des espaces numériques au Sénégal. En passant le dossier entre les mains d'un juge d'instruction, le procureur confirme la gravité des faits reprochés, qui dépassent le cadre du simple conflit entre influenceuses pour toucher à la sécurité des échanges en ligne. Ce processus judiciaire permettra d'établir les responsabilités pénales dans ce système de harcèlement organisé, tout en posant un précédent sur la responsabilité des acteurs économiques dans la gestion de leur e-réputation.