Face à la mutation rapide de l'écosystème médiatique, l'Association des éditeurs et professionnels des médias en ligne (AEMPL) du Burkina Faso engage une nouvelle dynamique de professionnalisation. Lors d'une rencontre tenue le 1er septembre 2026, le bureau exécutif de l'association a sollicité l'expertise du Dr Cyriaque Paré, figure historique du secteur et président d'honneur de l'organisation, pour structurer ses chantiers prioritaires sur la période 2026-2028.
Un partenariat stratégique avec l'ISCOM
Au cœur des échanges figure le rapprochement entre l'AEMPL et l'Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM). L'objectif est de concevoir des programmes de formation continue adaptés aux réalités actuelles du métier. Pour Amidou Kabré, président de l'AEMPL, la qualité du contenu journalistique est le seul levier capable de restaurer et de maintenir la confiance du public. Cette collaboration vise à renforcer les compétences des professionnels, tant sur le plan de la collecte que du traitement et de la diffusion de l'information.
Distinguer le journaliste de l'amateur
L'essor des réseaux sociaux, où l'information circule sans filtre, a créé un « brouillard informationnel » préjudiciable à la crédibilité des médias. L'AEMPL entend mener une action de fond pour permettre aux citoyens de mieux identifier le travail journalistique professionnel face à la prolifération de contenus non vérifiés. Cette clarification est perçue comme un enjeu de société majeur, la désinformation étant devenue un défi structurel pour la stabilité de l'espace public.
Consolider les acquis de la presse en ligne
Bien que la presse en ligne burkinabè bénéficie d'une reconnaissance juridique depuis 2015, le secteur reste confronté à des défis persistants. Le Dr Cyriaque Paré, qui a dirigé l'association pendant deux mandats, souligne que la légitimité acquise doit être consolidée par une rigueur accrue. En s'appuyant sur l'expérience de son président d'honneur et les infrastructures de l'ISCOM, l'AEMPL cherche à pérenniser son rôle d'acteur incontournable dans la gouvernance des médias et la défense des droits humains, tout en s'adaptant aux exigences technologiques du moment.