L'ADN de parchemins médiévaux révèle que la clavelée ovine sévit depuis 3 700 ans

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
L'ADN de parchemins médiévaux révèle que la clavelée ovine sévit depuis 3 700 ans

Une équipe internationale a retrouvé des traces du virus de la clavelée ovine dans des documents vieux de plusieurs siècles. Ces travaux publiés dans Science Advances montrent que la maladie touche les troupeaux depuis plus de 3 700 ans, et pourraient éclairer la lutte contre ce pathogène.

Le parchemin, support d'écriture et archive génétique inattendue

Au Moyen Âge, les textes étaient rédigés sur des peaux de mouton, de chèvre ou de bovin. Des chercheurs de l'University College Dublin ont exploité cette caractéristique pour mener une étude pionnière : extraire l'ADN de pathogènes animaux de ces documents anciens. « Le parchemin peut aussi conserver l'ADN de pathogènes animaux », souligne Louis L'Hôte, auteur principal de la recherche.

Les scientifiques ont analysé des manuscrits variés, des Évangiles de York, enluminés au Xe siècle, au Corpus Glossary de Cambridge, l'un des premiers dictionnaires anglais. Dans certains cas, plusieurs pages d'un même ouvrage contenaient l'ADN du virus de la clavelée ovine.结论 : les peaux utilisées provenaient d'animaux infectés.

Une maladie qui précède de loin l'élevage moderne

En combinant ces données avec des échantillons prélevés sur des dents de moutons de l'âge du bronze, l'équipe a établi que la clavelée ovine menace le bétail depuis au moins 3 700 ans. Cette maladie hautement contagieuse se propage rapidement au sein des troupeaux et provoque fièvre, lésions cutanées et mort. Elle entraîne des pertes économiques importantes : baisse de production laitière, dégradation des peaux et de la laine, restrictions commerciales. Contrairement à d'autres zoonoses, elle n'infecte pas l'être humain.

Un génome remarquablement stable

Les résultats révèlent une surprise : contrairement au virus de la variole, le génome de la clavelée ovine est resté très stable au cours des derniers millénaires. « Les génomes anciens peuvent nous aider à comprendre comment ces agents pathogènes qui nous affectent aujourd'hui ont évolué », note Louis L'Hôte. Cette stabilité suggère que les modifications génétiques déterminantes se sont produites bien avant la période étudiée.

Des bibliothèques recelant des secrets génétiques

Pour les chercheurs, cette méthode ouvre un nouveau champ d'investigation. « Il est possible que des archives et des bibliothèques du monde entier contiennent les traces génétiques d'anciennes épizooties », avance l'équipe. Comprendre comment ce virus a acquis sa capacité à infecter son hôte pourrait, à terme, aider à développer de nouvelles stratégies pour le combattre. Sans parler de date ni de perspective concrète, cette piste de recherche prolonge des travaux qui ont déjà transformé la compréhension des maladies infectieuses passées.

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