L'administration du président Donald Trump a engagé des poursuites judiciaires contre l'État de Californie, accusant les autorités locales de ne pas avoir suffisamment vérifié le statut de citoyenneté de milliers d'électeurs inscrits. Cette action en justice vise à empêcher le comptage des bulletins de vote par correspondance issus d'une liste de 20 000 personnes que le ministère de la Justice (DOJ) qualifie d'inéligibles, à quelques semaines des élections de mi-mandat.
Un ultimatum contesté par les autorités californiennes
Le conflit a éclaté après que le DOJ a imposé un délai de 48 heures aux comtés californiens pour examiner ces listes. La secrétaire d'État de Californie, Shirley Weber, a fermement rejeté ces exigences, qualifiant la situation d'« urgence créée par le DOJ ». Elle souligne que son bureau n'a jamais reçu officiellement ces listes et dénonce des mesures sans précédent basées sur des méthodologies opaques. De leur côté, les responsables électoraux du comté de Los Angeles ont refusé d'utiliser les supports numériques fournis par le ministère, les jugeant non sécurisés et contraires aux exigences de vérification prévues par la loi californienne.
La stratégie fédérale face à l'autonomie des États
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a dénoncé une manœuvre politique visant à supprimer le vote des citoyens californiens à l'approche du scrutin. Ce bras de fer s'inscrit dans une série de tensions entre Washington et les États dirigés par les Démocrates concernant la gestion des listes électorales. L'administration Trump soutient que le vote de non-citoyens, bien que statistiquement rare, constitue une menace pour l'intégrité du scrutin, une thèse réfutée par les responsables locaux qui rappellent que la gestion des qualifications électorales relève exclusivement de la compétence des États.
Précédents judiciaires et limites constitutionnelles
Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte où les tribunaux fédéraux ont récemment limité les initiatives de l'administration Trump en matière électorale. Un juge en Floride a notamment statué qu'une loi fédérale criminalisant le vote des non-citoyens était inconstitutionnelle, réaffirmant que seule l'autorité étatique est habilitée à définir et poursuivre les infractions liées aux qualifications électorales. Par ailleurs, l'usage par le gouvernement fédéral de la base de données « SAVE » pour croiser les données électorales a été jugé illégal par la justice, en raison de son manque de fiabilité. Ces décisions successives compliquent les efforts de l'administration pour imposer un contrôle fédéral sur les processus électoraux locaux.