Six mois après le début des hostilités entre Washington et Téhéran, l’administration Trump évite soigneusement de qualifier l’affrontement de « guerre », malgré des combats persistants et des attaques ciblées en mer.
Une rhétorique américaine en décalage avec la réalité des combats
Le vice-président américain JD Vance a réitéré jeudi que les États-Unis ne considéraient pas l’affrontement avec l’Iran comme une guerre, bien que les tensions en mer restent vives six mois après le déclenchement du conflit. Interrogé sur la fin des hostilités avant les élections législatives de novembre, Vance a répondu : *« Je ne l’appellerais pas une guerre. Pour l’instant, il n’y a pas de tirs actifs. »* Il a reconnu des « flambées » ponctuelles, mais estimé que les combats majeurs n’avaient duré que six semaines après le début de l’affrontement américano-israélien le 28 février.
Le détroit d’Ormuz, théâtre d’une bataille économique et stratégique
Malgré les déclarations apaisantes, les tensions autour du détroit d’Ormuz, artère vitale pour le transport maritime, restent au cœur du conflit. Vance a affirmé que le contrôle iranien sur cette zone était désormais « effectivement terminé », soulignant que les flux pétroliers avaient presque retrouvé leur niveau d’avant-guerre. *« Il y a trois mois, sous la menace iranienne, presque rien ne transitait par le détroit. Aujourd’hui, c’est presque comme avant »*, a-t-il déclaré. Pourtant, les attaques récentes, dont des raids américains dimanche, ont relancé les tensions, tandis que Téhéran maintient une pression constante sur la navigation commerciale.
Un bilan humain lourd et une stratégie américaine sous pression
Le conflit a déjà fait dix-huit morts parmi les soldats américains et des milliers de victimes en Iran et au Liban depuis février. Face à des sondages défavorables et à la menace d’une hausse des prix du carburant aux États-Unis, l’administration Trump tente de convaincre que la situation se stabilise. Le président Donald Trump, qui avait promis d’éviter de nouvelles guerres, se retrouve pourtant engagé dans un conflit qu’il pourrait bientôt déclarer clos, comme le suggèrent des discussions en interne et une publication récente sur les réseaux sociaux avec le slogan *« Mission accomplie »*.
L’Iran contre-attaque et relance les accusations
Téhéran a riposté jeudi en revendiquant des frappes sur des bases militaires américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis, en représailles à une attaque contre un mariage en Iran, attribuée à Washington. Selon le Croissant-Rouge iranien, l’attaque aurait fait quatre morts, dont un enfant, et plus de cinquante blessés. Vance a reconnu que les États-Unis enquêtaient sur cet incident, tout en mettant en doute les récits iraniens, accusant les médias d’État de Téhéran de partialité dans leur couverture du conflit.