Le président américain Donald Trump a signé un décret restreignant l'utilisation d'équipements étrangers dans le réseau électrique des États-Unis, invoquant une menace pour la sécurité nationale. Cette mesure, qui cible les systèmes de production et de distribution d'électricité, vise à réduire les risques liés aux cyberattaques et aux vulnérabilités opérationnelles. Mais comment cette décision va-t-elle être mise en œuvre, et quels défis attendent les opérateurs énergétiques ?
Un décret pour contrer une « menace étrangère exceptionnelle »
L'administration Trump a justifié cette décision par l'existence d'une « menace étrangère inhabituelle et exceptionnelle » pesant sur le réseau électrique américain. Le décret signé par le président interdit l'achat et l'installation de certains équipements étrangers utilisés dans le système de production d'électricité à grande échelle. Ces équipements, ainsi que les logiciels et capacités numériques associés, sont considérés comme présentant des risques pour la cybersécurité ou la stabilité opérationnelle du réseau.
Une mise en œuvre complexe pour les opérateurs énergétiques
Le département de l'Énergie dispose de 120 jours pour publier les règles officielles encadrant cette politique. D'ici là, les entreprises de services publics doivent déjà commencer à recenser les équipements concernés par cette interdiction. « Bloquer les nouveaux achats est la partie facile. Le vrai défi, c'est de savoir ce qui est déjà en place », explique John Bruggeman, responsable de la cybersécurité chez CBTS. Les opérateurs utilisant des équipements étrangers dans leur réseau électrique doivent désormais se conformer à une « horloge de conformité » qui démarre aujourd'hui.
Des mesures déjà engagées contre les équipements chinois
Cette décision s'inscrit dans une série de mesures prises par la Maison-Blanche pour limiter l'influence étrangère sur le réseau électrique américain. L'an dernier, des experts américains ont découvert des dispositifs de communication non déclarés dans certains onduleurs solaires chinois. En juillet, la Commission fédérale des communications (FCC) a interdit l'importation de nouveaux onduleurs étrangers équipés de capacités de communication à distance et utilisés dans le réseau électrique. Cependant, le décret ne concerne pas tous les équipements étrangers : le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, doit établir des conditions pour l'utilisation continue des équipements déjà en place.
Un équilibre difficile entre sécurité et fiabilité du réseau
Michael Centrella, expert en cybersécurité chez SecurityScorecard, souligne que ce décret donne à l'administration les outils nécessaires pour agir, mais que la prochaine étape sera cruciale : « Il faudra fournir aux opérateurs une visibilité indépendante et scalable sur les actifs et les relations avec les fournisseurs présentant les plus grands risques, sans compromettre la fiabilité du réseau électrique. » Cette décision pourrait donc entraîner des perturbations temporaires dans la gestion du réseau, le temps que les opérateurs s'adaptent aux nouvelles exigences de sécurité.