Le gouvernement américain a annoncé la suspension de l'Afrique du Sud et du Rwanda du programme de préférences commerciales African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette décision, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, fait suite à une évaluation des critères d'éligibilité jugés non respectés par les deux nations africaines.
Des motifs de suspension aux contours larges
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a justifié cette mesure par des préoccupations relatives aux droits humains, à la corruption et à des menaces pesant sur les intérêts nationaux et la politique étrangère des États-Unis. Bien que l'administration Trump ait évoqué des barrières entravant le commerce et l'investissement, aucun exemple spécifique n'a été fourni pour étayer ces accusations. Cette décision s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques marquées, notamment concernant la position de Pretoria sur le dossier israélien devant la Cour internationale de Justice et les critiques américaines sur la situation sécuritaire au Rwanda en lien avec le groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo.
Un impact économique sous surveillance
L'Afrique du Sud, principal bénéficiaire du programme, a exporté environ 1,7 milliard de dollars de marchandises vers les États-Unis via l'AGOA en 2025. Le ministre sud-africain du Commerce et de l'Industrie, Parks Tau, a toutefois relativisé l'impact global de cette exclusion, précisant que les avantages de l'AGOA ne représentent qu'environ 1 % des exportations totales du pays. Le gouvernement sud-africain, qui anticipait cette issue, a déjà entamé une stratégie de diversification vers d'autres marchés, notamment la Chine, tout en disposant d'un délai de 60 jours pour tenter de répondre aux préoccupations soulevées par Washington.
L'avenir du cadre commercial AGOA
Introduit en 2000, l'AGOA constitue un pilier central de la relation économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, offrant un accès sans droits de douane à plus de 1 800 produits. La suspension de ces deux partenaires majeurs souligne la volonté de l'administration américaine d'utiliser ce levier commercial comme un outil de pression politique. Si Pretoria a reconnu les inquiétudes que cette décision pourrait engendrer pour les travailleurs et les entreprises intégrés dans les chaînes de valeur liées à l'AGOA, le gouvernement réaffirme que cette mesure ne signifie pas la fin des échanges commerciaux bilatéraux avec les États-Unis.