Le parti African Democratic Congress (ADC) a formellement accusé le All Progressives Congress (APC), au pouvoir, d'exercer des pressions indues sur des gouverneurs issus de l'opposition. Cette manœuvre, qui consisterait à intégrer ces responsables politiques dans le conseil de campagne présidentiel de l'APC, est perçue par l'ADC comme une atteinte directe au pluralisme démocratique nigérian à l'approche des échéances électorales de 2027.
Des accusations de coercition institutionnelle
Kola Ologbondiyan, directeur de la communication de la campagne présidentielle de l'ADC, a qualifié ces pratiques de « banditisme politique ». Selon lui, le parti au pouvoir détournerait les leviers de l'État pour contraindre des élus de l'opposition à rallier ses structures, malgré leur appartenance partisane initiale. Cette stratégie viserait, selon l'ADC, à concentrer le pouvoir en instrumentalisant les institutions nationales, les agences de sécurité et le système judiciaire pour affaiblir toute voix dissidente.
Un climat de tension démocratique
Au-delà de la composition du conseil de campagne, l'ADC dresse un constat sévère sur l'état de la démocratie au Nigeria. Le porte-parole du parti affirme que l'espace démocratique se réduit sous l'effet d'une intolérance croissante et du harcèlement des figures de l'opposition. L'ADC soutient que le gouvernement actuel privilégie ses intérêts de maintien au pouvoir au détriment de la gestion des crises majeures que traverse le pays, notamment l'insécurité, la précarité économique et la faim, qualifiant cette gestion de « militarisation de la pauvreté ».
Appel à la mobilisation citoyenne
Face à ce qu'il considère comme une dérive autoritaire, l'ADC exhorte la société civile, les médias et la communauté internationale à se mobiliser pour protéger les acquis démocratiques. Le parti oppose à cette vision la candidature d'Atiku Abubakar et de Rotimi Amaechi, présentés comme des garants d'une restauration des idéaux démocratiques. Pour l'ADC, l'enjeu est de taille : il s'agit de préserver le multipartisme face à une volonté hégémonique qu'ils jugent incompatible avec l'héritage des figures historiques de la lutte pour la démocratie au Nigeria.