Le parti African Democratic Congress (ADC) a officiellement justifié l'absence de son candidat, Atiku Abubakar, lors de la cérémonie de signature de l'accord national de paix. Cette décision, présentée comme un acte de protestation, vise à interpeller le Comité national de paix sur l'inefficacité perçue de ses interventions face aux violences électorales récurrentes.
Une remise en question de la portée symbolique des accords
Pour l'ADC, la signature répétée d'accords de paix à chaque cycle électoral est devenue une formalité dénuée de conséquences concrètes. Bolaji Abdullahi, secrétaire national à la publicité du parti, a souligné que ces engagements ne sont suivis d'aucune action corrective lorsque des incidents éclatent sur le terrain. Selon le parti, le Comité national de paix se limite à une mise en scène protocolaire sans exercer de réelle influence sur le comportement des acteurs politiques.
L'exigence de responsabilité face aux discours incendiaires
Le boycott de l'ADC est motivé par ce qu'il qualifie de silence complice du Comité face à des déclarations jugées dangereuses. Le parti a notamment pointé du doigt l'absence de réaction officielle lors de l'élection gouvernatoriale dans l'État d'Osun, citant des propos attribués au sénateur Francis Fadahunsi qui auraient pu inciter à la violence. L'ADC estime que le Comité manque à son devoir en ne condamnant pas publiquement les discours inflammatoires, quelle que soit l'envergure politique de leurs auteurs.
Critique de la neutralité du Comité
Le parti a également élargi ses critiques aux plus hautes sphères de l'État. En évoquant des propos tenus par le président Bola Tinubu durant la période électorale à Osun, l'ADC a reproché au Comité de ne pas avoir recadré le chef de l'État, estimant que ces déclarations avaient contribué à instaurer un climat de violence. Pour l'ADC, la crédibilité du processus de paix dépend de la capacité du Comité à interpeller tous les acteurs, sans exception, pour garantir le respect des engagements pris.
Vers une exigence de mesures coercitives
L'ADC affirme ne pas s'opposer au principe de la paix électorale, mais réclame une refonte du mécanisme actuel. Le parti appelle à une transition vers un modèle où les signataires seraient tenus responsables de leurs actions et de leurs paroles. En refusant de participer à la cérémonie, l'ADC cherche à faire pression sur le Comité pour qu'il renforce son rôle de régulateur et impose des mesures concrètes de suivi, transformant ainsi une simple promesse écrite en une véritable garantie de sécurité pour les citoyens.