Face à l'absence de réponse du ministère de l'Économie, l'Association pour le développement des actifs numériques (Adan) a officiellement saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Cette démarche fait suite à la compromission des données de 1,2 million de comptes bancaires via le fichier national Ficoba, exposant ainsi les contribuables à des risques de sécurité physique accrus.
Une faille majeure dans la protection des données
Le piratage du fichier Ficoba, géré par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), a permis à des acteurs malveillants d'accéder à des informations sensibles, incluant les adresses postales et les détails du patrimoine bancaire des citoyens. L'Adan, appuyée par le cabinet d'avocats ORWL, demande désormais à la CNIL d'auditer le respect des obligations liées au Règlement général sur la protection des données (RGPD). L'association exige une transparence totale sur l'étendue réelle des données dérobées et sur l'identité des personnes affectées par cette intrusion.
Le spectre des agressions physiques
L'inquiétude du secteur des actifs numériques dépasse la simple protection des données numériques. Le terme d'« attaque à la clé à molette » désigne des agressions physiques visant à extorquer des clés privées ou des mots de passe sous la contrainte. Avec 33 incidents recensés sur 52 au niveau mondial au premier semestre 2026, la France est devenue l'épicentre de ces violences. La divulgation des adresses personnelles des détenteurs de cryptomonnaies via les fichiers de l'État accroît directement leur vulnérabilité face à ces menaces physiques.
L'exigence de responsabilité institutionnelle
L'Adan souligne que la protection des données des citoyens est un pilier indispensable à la confiance envers les institutions publiques. En saisissant l'autorité de régulation, l'association cherche à obtenir des garanties sur la prise en compte des risques spécifiques liés aux actifs numériques dans les protocoles de sécurité de l'État. Pour les professionnels du secteur, la confidentialité des informations fiscales n'est pas seulement une question de vie privée, mais une condition nécessaire à la sécurité physique des investisseurs et à la stabilité de l'écosystème financier.