L'activiste et ancien gendarme Thibaut Ogou a comparu le 27 août 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) au Bénin. Poursuivi pour une tentative présumée d'escroquerie au préjudice d'un détenu, il a plaidé non coupable, alors que la justice maintient en détention les quatre prévenus impliqués dans ce dossier.
Les zones d'ombre de l'accusation
Le cœur de l'affaire repose sur des échanges numériques entre Thibaut Ogou et un détenu, survenus en juillet 2026. Si l'accusation porte sur une tentative d'escroquerie, le témoignage du détenu à la barre a apporté une nuance notable : ce dernier a affirmé que l'activiste ne lui avait jamais réclamé de fonds. Selon les explications fournies par le prévenu, l'envoi d'une capture d'écran d'une conversation avec le garde des Sceaux visait uniquement à prouver au détenu que ses alertes sur les conditions carcérales avaient été transmises aux autorités compétentes.
Le maintien en détention des quatre prévenus
La procédure judiciaire, qui implique trois autres co-prévenus aux côtés de Thibaut Ogou, suit son cours sous une surveillance stricte. Placé sous mandat de dépôt depuis le 14 août 2026, l'activiste a sollicité une remise en liberté provisoire, invoquant notamment des impératifs familiaux liés à la rentrée scolaire de ses enfants. La Cour a toutefois rejeté l'examen immédiat de cette requête, estimant que les débats sur le fond du dossier devaient primer avant toute décision sur une éventuelle libération.
Le calendrier judiciaire à venir
À l'issue de cette première audience, la juridiction a renvoyé le dossier au 10 septembre 2026. Cette prochaine étape sera consacrée aux réquisitions du ministère public. En attendant, la Cour n'a pas statué sur la culpabilité des accusés, qui demeurent présumés innocents. L'enjeu de cette affaire dépasse le cadre individuel, interrogeant les pratiques de communication entre acteurs de la société civile et personnes en détention dans un contexte de dénonciation des conditions carcérales.