L'activiste pro-palestinien Mahmoud Khalil a déposé une plainte contre l'université Columbia et la doyenne de son école de relations internationales, Keren Yarhi-Milo. Il accuse l'institution de « racisme institutionnel » et d'avoir délibérément facilité le ciblage des étudiants palestiniens par l'administration Trump.
Une plainte pour discrimination et harcèlement
La plainte, déposée en collaboration avec le Palestine Working Group (PWG), dénonce une « indifférence délibérée » de la part de l'université face au harcèlement et au « doxxing » subis par les militants pro-palestiniens. Mahmoud Khalil soutient que Columbia a créé un environnement hostile, préparant le terrain pour les mesures répressives prises à son encontre par les autorités fédérales. Le plaignant exige la levée de sa suspension, le rétablissement de son accès au campus et des dommages et intérêts pour les préjudices psychologiques et professionnels subis.
Le contexte des mobilisations de 2024
Ancien étudiant à la School of International and Public Affairs (SIPA), Mahmoud Khalil s'était imposé comme une figure centrale des mouvements de protestation de 2024 à Columbia. Il a notamment agi comme médiateur lors des négociations sur le désinvestissement de l'université dans des entreprises liées à l'armée israélienne. Son engagement lui a valu une arrestation médiatisée en mars 2025 par des agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), suivie de 104 jours de détention, alors qu'il possédait un statut de résident légal.
Un bras de fer judiciaire prolongé
Cette action en justice s'inscrit dans une bataille juridique complexe concernant le droit à la liberté d'expression des étudiants étrangers. Si un juge fédéral a récemment statué que l'administration Trump avait violé les droits constitutionnels des étudiants en cherchant à les expulser pour leurs critiques de la guerre à Gaza, la situation de Khalil reste précaire. Après des décisions contradictoires en appel, son équipe juridique a annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour suprême. Parallèlement, l'université Columbia, qui a récemment versé 221 millions de dollars pour clore des litiges liés à l'antisémitisme, n'a pas encore formulé de réponse formelle à cette nouvelle plainte, se limitant à des déclarations générales sur son engagement envers la sécurité et la lutte contre la discrimination.