L'avocat et défenseur des droits humains Deji Adeyanju a vivement critiqué la stratégie de communication de Peter Obi, candidat à la présidentielle, consistant à multiplier les apparitions dans des églises. Cette prise de position souligne une inquiétude croissante face à l'instrumentalisation du fait religieux dans le débat public nigérian à l'approche de l'échéance électorale de 2027.
Un rappel des dispositions de la Loi électorale 2026
Au cœur de l'argumentaire de Deji Adeyanju figure la Loi électorale de 2026. Ce texte législatif interdit explicitement l'utilisation des lieux de culte à des fins de campagne politique. Le cadre juridique vise à prévenir les discours fondés sur des clivages religieux, tribaux ou sectionnels, considérés comme des menaces directes pour la cohésion nationale. Pour l'activiste, le respect de cette norme est indispensable pour garantir l'intégrité du processus démocratique.
La crainte d'une polarisation accrue
L'activiste dénonce une tendance persistante à la mobilisation religieuse, qu'il juge responsable des divisions observées lors du scrutin de 2023. En ciblant les apparitions de Peter Obi, mais aussi les récentes manœuvres d'autres acteurs politiques cherchant des soutiens auprès de leaders religieux, Adeyanju met en garde contre une stratégie qui privilégie le communautarisme au détriment des programmes politiques. Il souligne que cette dynamique risque d'affaiblir durablement le tissu social nigérian.
L'appel à la responsabilité des autorités religieuses
Au-delà de la classe politique, Deji Adeyanju interpelle directement les responsables des institutions religieuses. Il les exhorte à sanctuariser leurs espaces en refusant de servir de tribunes aux candidats en quête d'endossements. Selon lui, la confusion des rôles entre pasteurs et politiciens nuit à la crédibilité des institutions religieuses et détourne l'attention des électeurs des enjeux réels, tels que les politiques publiques et les visions économiques pour le pays. Cette mise en garde pose la question de la neutralité des instances religieuses dans un paysage politique nigérian où la foi reste un levier d'influence majeur.