Jordan Bardella a signé vendredi avec Nigel Farage un protocole d'accord controversé prévoyant le refoulement par le Royaume-Uni des embarcations de migrants vers les côtes françaises. Cet accord symbolique a déclenché une vague de critiques sans précédent, unissant contre lui des voix aussi diverses que celles d'Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon ou Éric Zemmour.
Un texte sur l'immigration signé à Birmingham
Le président du Rassemblement national a apposé sa signature aux côtés de l'eurodéputé britannique Nigel Farage, partisan du Brexit et figure du mouvement anti-immigration au Royaume-Uni. Ce protocole d'accord, présenté comme un engagement commun contre l'immigration clandestine, prévoit que le Royaume-Uni refoule vers la France les embarcations de migrants tentant de traverser la Manche. L'objectif affiché : coordonner la lutte contre les traversées maritimes irrégulières entre les deux pays.
Une classe politique unanime dans le rejet
Le texte a provoqué un tollé général au sein de la classe politique française. Édouard Philippe, actuel président de Horizons, a grincé : « Celle-là, on ne l'avait pas vue venir », pointant l'isolement diplomatique du RN. Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting, a été plus radical en qualifiant Bardella de « fasciste sans réputation », et en se demandant si la France allait devenir « le garde-barrière des Anglais ». Au-delà des rangs de la gauche, les critiques sont venues de tous les bords : Bruno Retailleau (LR) a dénoncer « le signe parfait de l'amateurisme du RN », Gabriel Attal ( macroniste) une « grande soumission », et Raphaël Glucksmann (PS) une « capitulation ».
Les critiques inattendues des alliés ideologiques
La séquence politique la plus notable reste sans doute le désaveu venu des proches du RN. Éric Zemmour, figure de la droite radicale et concurrent direct de Marine Le Pen, a publiquement désapprouvé l'accord sur le réseau social X : « Avoir des alliés ne doit JAMAIS se faire à n'importe quel prix pour la France ». Cette critique d'un allié potentiel du RN illustre l'embarras croissant autour de ce protocole.
La question de la souveraineté française au cœur du debat
Au-delà des querelles politiciennes, l'accord soulève la question fondamentale de la souveraineté nationale. Comment un parti qui se veut le garant de l'indépendance de la France peut-il accepter de laisser un autre pays décider du sort des migrants à ses côtes ? Cette contradiction apparente a alimenté les attaques de ses adversaires, qui accusent le RN de subordination à une puissance étrangère pour des questions de politique intérieure britannique.