L'Académie Goncourt a officiellement retiré le roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien de sa sélection 2026. Cette décision radicale fait suite à une polémique croissante mêlant des accusations de plagiat sur des textes antérieurs et des interrogations techniques sur l'usage de l'intelligence artificielle dans la rédaction de l'ouvrage.
Les motifs de l'exclusion académique
Dans son communiqué, l'institution justifie son retrait par deux facteurs distincts. D'une part, des soupçons de plagiat ont été soulevés concernant des écrits passés de l'auteur, basés sur des comparaisons avec des textes déjà publiés. D'autre part, l'Académie a pris en compte des analyses techniques suggérant une utilisation significative de l'intelligence artificielle pour la conception du roman. Cette décision marque un tournant, alors même que le président de l'Académie, Philippe Claudel, avait initialement souligné la complexité et le manque de fiabilité des outils de détection d'IA actuels.
La controverse sur les outils de détection
La polémique a été alimentée par des résultats issus du logiciel Pangram, partagés par un compte anonyme sur le réseau social X. Cette méthode soulève des questions majeures au sein de l'industrie éditoriale. Plusieurs grandes maisons d'édition, dont le Seuil et Albin Michel, confirment ne pas pratiquer de contrôle systématique des manuscrits par ces outils, jugeant leurs capacités de détection insuffisantes et contestables. Le cas Orélien illustre ainsi la difficulté pour les instances littéraires de définir des protocoles de vérification face aux nouvelles technologies.
Réactions de l'éditeur et parcours du roman
Avant l'intervention de l'Académie, les éditions du Boréal, qui publient l'ouvrage au Canada, avaient déjà suspendu la promotion du livre. Si l'éditeur affirme n'avoir détecté aucune intervention d'IA sur le manuscrit reçu, il reconnaît ne pas être en mesure d'infirmer les accusations pesant sur l'auteur, qui continue de nier formellement tout recours à ces outils. Le roman, qui suit le parcours d'un professeur haïtien exilé, avait pourtant été distingué par le Prix du Roman Fnac 2026 quelques jours plus tôt. Ce retrait de la course au Goncourt met un terme à sa candidature, sans pour autant clore le débat technique sur l'authenticité de la création littéraire à l'ère numérique.