Le taux d'absentéisme en entreprise a atteint un sommet historique en 2025, s'établissant à 4,68 %. Cette tendance, marquée par une prédominance des arrêts de longue durée, place la gestion des indemnités journalières au cœur des priorités budgétaires du gouvernement français.
Une hausse portée par les arrêts de longue durée
L'observatoire du groupe Apicil révèle une dégradation des indicateurs de présence au travail, avec une progression notable par rapport aux 4,41 % enregistrés l'année précédente. Près de 28 % des salariés ont été concernés par au moins un arrêt de travail au cours de l'année, avec une moyenne de 1,90 arrêt par collaborateur absent. Le phénomène est principalement alimenté par les arrêts dépassant 90 jours, qui représentent désormais plus de la moitié du taux global d'absentéisme. Parmi les arrêts de plus de 30 jours, les troubles psychiques et les troubles musculosquelettiques constituent les causes majeures, totalisant plus de 73 % des motifs.
Des disparités marquées selon les profils
L'analyse des données met en lumière des inégalités structurelles face à l'absentéisme. Les ouvriers affichent un taux de 6,52 %, contre 2,52 % pour les cadres. De même, les seniors (5,92 %) et les femmes (5,60 %) sont davantage touchés que les moins de 30 ans ou les hommes. Le statut contractuel joue également un rôle, les salariés en CDI étant plus fréquemment absents (4,97 %) que ceux en CDD (1,99 %). Par ailleurs, les temps partiels thérapeutiques connaissent une progression significative, devenant le deuxième motif d'arrêt derrière la maladie classique.
La pression sur les finances publiques
Face à une facture atteignant 17,9 milliards d'euros en 2025 pour les indemnités journalières liées à la maladie, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait de ce dossier une priorité budgétaire. Le gouvernement a déjà durci les conditions d'indemnisation, notamment en limitant la durée des arrêts primo-prescrits à un mois et en abaissant les plafonds d'indemnisation. Une nouvelle piste, suggérée par un rapport d'experts, propose de transférer la prise en charge des arrêts de courte durée vers les organismes de prévoyance, une mesure qui soulève toutefois des questions sur l'équité de couverture entre les salariés des différentes entreprises.