L'absence du surf aux JOJ de Dakar souligne le défi de structuration des talents sénégalais

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 8 lectures
L'absence du surf aux JOJ de Dakar souligne le défi de structuration des talents sénégalais

Alors que le Sénégal écrit une page historique en devenant le premier pays africain à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le surf, discipline emblématique des côtes dakaroises, demeure étrangement absent du programme officiel. Cette exclusion prive les jeunes espoirs locaux d'une vitrine internationale majeure sur leurs propres terres, malgré une culture du surf solidement ancrée à Ngor depuis les années 1960.

Un paradoxe pour la jeunesse dakaroise

Si l'événement mobilise 2 700 athlètes à travers Dakar, Diamniadio et Saly, les surfeurs locaux se retrouvent cantonnés au rôle de spectateurs. Pour des talents comme Assane Guèye, 16 ans, et Mame Seydi Mbengue, 15 ans, le rêve d'une carrière professionnelle se heurte à une réalité structurelle : l'absence de la discipline parmi les 25 sports retenus pour ces JOJ. Cette mise à l'écart est d'autant plus regrettée par des figures du milieu, comme l'ancien champion français Michel Bourez, qui souligne le potentiel manqué de médailles sur des vagues que les jeunes Sénégalais maîtrisent parfaitement.

Les obstacles à l'émergence des champions

Au-delà de l'absence olympique, la pratique du surf au Sénégal fait face à des défis persistants. Les jeunes athlètes pointent régulièrement le manque criant de matériel adapté et la difficulté à trouver des sponsors pour financer leur progression. Si des figures locales comme Chérif Fall, neuf fois champion du Sénégal, ont réussi à inspirer une nouvelle génération, le parcours reste semé d'embûches. Certains observateurs, à l'instar de l'ancien footballeur Tidiane Ndour, alertent également sur la nécessité d'un meilleur encadrement pour éviter que la passion du surf ne se transforme en déscolarisation précoce.

Valoriser le potentiel africain

Pour pallier cette absence, une démonstration internationale a été organisée à Ngor, réunissant des surfeurs venus d'Afrique du Sud, d'Angola, du Liberia, du Mozambique et du Ghana. Cette initiative vise à mettre en lumière la vitalité de la discipline sur le continent. Alors que la démocratisation du surf progresse auprès des enfants dès le plus jeune âge, l'enjeu pour les autorités sportives sénégalaises est désormais de transformer cet engouement populaire en une véritable filière d'excellence, capable d'offrir des perspectives internationales durables à ces jeunes sportifs.

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