La circonscription de Laâyoune, capitale des provinces du Sud du Maroc, s’apprête à vivre une compétition électorale intense pour ses trois sièges parlementaires lors des prochaines législatives. Entre ancrage local, stratégies partisanes et enjeux de pouvoir, cette bataille pourrait redessiner l’équilibre politique de la région.
Une circonscription sous haute tension politique
Laâyoune concentre des enjeux économiques et symboliques majeurs pour le Sahara marocain. Avec trois sièges à pourvoir, cette circonscription attire les principaux partis nationaux, chacun cherchant à capitaliser sur son influence locale. Le poids du corps électoral, les réseaux d’intérêts et les ancrages sociaux y jouent un rôle clé dans l’orientation des votes, faisant de cette circonscription un laboratoire des dynamiques politiques régionales.
2021 : le RNI bouscule l’ordre établi
Les dernières législatives de 2021 ont révélé des bouleversements dans la répartition des sièges. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a remporté un siège, une première dans cette circonscription, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) a perdu le sien, son candidat n’obtenant que 810 voix. Le Parti de l’Istiqlal, mené par Moulay Hamdi Ould Errachid, a confirmé sa domination avec près de 47 548 voix, doublant son score de 2016. Le Parti authenticité et modernité (PAM) a, quant à lui, conservé son siège avec 17 675 voix, suivi du RNI à 8 198 voix. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Mouvement populaire (MP) n’ont pas obtenu de représentation.
La domination des figures traditionnelles en question
Entre 2016 et 2021, le Parti de l’Istiqlal a renforcé son emprise sur Laâyoune, avec une progression spectaculaire de son score. Moulay Hamdi Ould Errachid, figure historique de la région, a consolidé sa position, tandis que le PAM a maintenu sa deuxième place malgré une légère baisse de voix. Le principal changement réside dans la chute du PJD, qui a perdu son siège au profit du RNI. Cette dynamique pourrait-elle se reproduire lors du prochain scrutin ?
Les mêmes acteurs, mais une bataille plus serrée
Pour les prochaines élections, les partis misent sur la continuité en reconduisant leurs têtes de liste : Moulay Hamdi Ould Errachid pour l’Istiqlal, Sidi Mohammed Salem El Joumani pour le PAM, et Mohamed Ayach pour le RNI. L’USFP mise sur une nouvelle figure, Mouloud El Kirâa, tandis que le PJD présente Dadday Bibout. Cette configuration promet une compétition acharnée, où chaque voix comptera pour décrocher l’un des trois sièges convoités.