La WNBA sous le feu des théories complotistes sur les joueuses transgenres

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 14 lectures
La WNBA sous le feu des théories complotistes sur les joueuses transgenres

Une campagne de désinformation ciblant la WNBA révèle les dangers d’une instrumentalisation politique du sport féminin, où des athlètes cisgenres deviennent malgré elles les cibles d’accusations infondées.

Des accusations infondées contre des stars de la WNBA

Des influenceurs et commentateurs d’extrême droite, comme l’Australienne Sydney Watson ou l’Américaine « Kentucky Girl », propagent depuis plusieurs semaines une théorie complotiste selon laquelle des joueuses de la WNBA seraient secrètement des hommes transgenres. Ces allégations, totalement infondées, visent notamment Brittney Griner (Connecticut Sun), Sophie Cunningham (Indiana Fever) ou encore Caitlin Clark (Las Vegas Aces), présentées comme des « hommes déguisés en femmes » pour justifier leur présence dans la ligue.

Ces accusations s’inscrivent dans une campagne plus large de moral panic autour de la participation des athlètes transgenres dans le sport féminin, alimentée par des figures politiques comme Donald Trump et des athlètes comme Riley Gaines, ancienne nageuse universitaire devenue militante anti-trans.

Une ligue qui nie toute controverse

La WNBA a rapidement démenti ces rumeurs, rappelant qu’aucune joueuse transgenre n’a jamais évolué dans la ligue et qu’aucune « question d’éligibilité immédiate » ne se pose. La commissaire Cathy Engelbert a qualifié ces attaques de « haine » et de tentatives de « semer la discorde » depuis l’extérieur. Pourtant, les théories persistent, poussant certains à réclamer des tests génétiques pour « prouver » le sexe des joueuses, une idée rejetée par la ligue.

Quand la transphobie se retourne contre les athlètes cisgenres

Ironiquement, cette campagne a aussi ciblé des joueuses cisgenres, comme Sophie Cunningham, dont l’engagement anti-trans a paradoxalement valu des accusations de transidentité de la part de groupes complotistes. Des pages comme « Transvestigation Disclosure NOW 2.0 » sur Facebook, qui compte 50 000 membres, n’hésitent pas à accuser n’importe quelle joueuse de la WNBA d’être un « homme », simplement parce qu’elles ne correspondent pas à des stéréotypes de genre traditionnels.

Cette dérive illustre comment une rhétorique anti-trans, initialement dirigée contre les athlètes transgenres, finit par stigmatiser l’ensemble des femmes sportives, qu’elles soient cisgenres ou non. Certains médias conservateurs, comme Fox News, vont jusqu’à suggérer que l’indignation des joueuses face à ces attaques « prouve que les femmes ne devraient pas avoir leur propre ligue ».

Un phénomène qui dépasse le sport américain

Cette instrumentalisation politique du sport féminin n’est pas isolée. En Afrique comme ailleurs, des débats similaires émergent autour de l’inclusion des athlètes transgenres, souvent réduits à des questions de « fair-play » ou de « protection des femmes ». Pourtant, les fédérations sportives internationales, dont la WNBA, maintiennent des règles strictes pour garantir l’équité, sans jamais avoir autorisé de joueuses transgenres dans leurs rangs. La persistance de ces théories complotistes révèle moins un enjeu sportif qu’une stratégie de division, où le sport devient un terrain de lutte idéologique.

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