La visite officielle du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en France, cristallise les tensions. Plusieurs organisations syndicales de journalistes ont dénoncé cette invitation, y voyant une provocation directe envers les défenseurs de la liberté d'expression et de la presse.
Une contestation syndicale face à l'invitation officielle
Le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO ont exprimé leur vive opposition à la venue du dirigeant saoudien. Dans un communiqué commun, ces organisations soulignent que cette réception par l'Élysée est perçue comme un affront aux valeurs de liberté de la presse. Les syndicats rappellent notamment qu'une plainte pour « tortures et disparitions forcées » visant le prince héritier est actuellement en cours d'instruction, en lien avec l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 au consulat saoudien d'Istanbul.
Le poids de l'affaire Khashoggi et des droits humains
L'assassinat de Jamal Khashoggi, dont la responsabilité directe a été pointée par les services secrets américains, demeure un point de crispation majeur. Au-delà de ce dossier, les syndicats alertent sur la situation actuelle des professionnels des médias en Arabie saoudite, où 18 journalistes seraient actuellement emprisonnés selon les données de Reporters sans frontières (RSF). Cette réalité contraste avec le cadre diplomatique de la visite, axé sur des enjeux sécuritaires et géopolitiques régionaux.
Un agenda diplomatique chargé
Malgré les critiques, le programme de la visite se poursuit avec une dimension économique et diplomatique significative. Après une participation à la cérémonie de clôture de l'E-sport World Cup, le prince héritier doit entamer des discussions portant sur des accords bilatéraux et des dossiers internationaux complexes, tels que la crise entre l'Iran et l'Arabie saoudite, la situation au Liban et en Syrie, ainsi que le conflit israélo-palestinien. À ce stade, la présidence française n'a pas précisé si la question des droits humains et de la liberté de la presse figurerait explicitement à l'ordre du jour des entretiens officiels.