La omniprésence médiatique de Babacar Ba, figure de proue du Forum du justiciable, soulève des interrogations sur la nature réelle et la structuration de son organisation. Alors que ses prises de position sur des sujets variés occupent régulièrement l'espace public, l'absence de transparence sur le fonctionnement interne de son entité interroge la responsabilité des médias et des acteurs de la société civile.
Une omniprésence aux contours flous
Initialement présenté comme un groupe dédié à la vulgarisation du droit auprès des citoyens, le Forum du justiciable a vu sa mission évoluer vers un positionnement d'ONG généraliste. Aujourd'hui, l'organisation intervient sur des thématiques aussi diverses que les accords avec le FMI, les processus électoraux, la gestion carcérale ou les litiges sociaux. Cette polyvalence, qui tranche avec la spécialisation habituelle des organisations non gouvernementales au Sénégal, soulève des doutes sur l'expertise réelle et les objectifs fondamentaux de la structure.
Le paradoxe de la transparence
Bien que Babacar Ba exige régulièrement la transparence des autorités publiques, son propre Forum peine à démontrer la sienne. Aucune information publique ne permet d'identifier l'organigramme, les membres, les antennes régionales ou les sources de financement de l'organisation. Cette opacité est d'autant plus notable que les médias, en quête constante de contenus, relaient ses déclarations sans interroger la légitimité ou la représentativité de l'acteur, ni même son parcours personnel.
La responsabilité partagée des médias et de la société civile
La prédominance médiatique de Babacar Ba révèle une double faille. D'une part, une presse sénégalaise parfois peu exigeante sur la vérification des sources et la profondeur des analyses, qui privilégie la réactivité aux dépens de l'investigation. D'autre part, une société civile dont le champ d'action semble s'être fragmenté. Le retrait relatif d'acteurs historiques, comme le Forum civil, a laissé un vide que des profils plus généralistes occupent désormais, modifiant ainsi la dynamique du débat public et la qualité de l'expertise citoyenne apportée aux enjeux nationaux.