La capitale de la République démocratique du Congo traverse une crise critique de ses services de secours face à la multiplication des incendies. Avec une flotte municipale de lutte contre le feu totalement hors d'usage, les autorités locales se retrouvent dans l'incapacité d'assurer leur mission de protection des populations, malgré la présence d'un effectif de 137 sapeurs-pompiers.
Une flotte municipale à l'arrêt
Le dispositif de secours de Kinshasa est aujourd'hui paralysé. Les deux seuls camions anti-incendie dont disposait la ville, offerts par l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica), sont désormais jugés irrécupérables par les services techniques. Cette défaillance n'est pas récente : dès août 2025, le ministère provincial de l'Intérieur alertait sur l'état critique des véhicules. Malgré des directives du gouverneur Daniel Bumba en octobre 2025 ordonnant des réparations, les engins ont fini par être considérés comme totalement amortis, laissant les 137 pompiers de la ville sans aucun moyen d'intervention propre.
La dépendance aux opérateurs privés
Pour pallier cette carence structurelle, l'Hôtel de ville a délégué une partie de ses prérogatives à des opérateurs privés. Ces derniers, autorisés à opérer sur le territoire, sont sollicités par la municipalité en cas d'urgence. Toutefois, ce système montre ses limites : la mobilisation de ces secours dépend de la disponibilité immédiate et de la localisation géographique des camions privés. Lors de récents sinistres, comme celui survenu à l'école Saint-Pierre le 7 septembre, l'intervention a reposé exclusivement sur ces moyens extérieurs, tandis que dans d'autres quartiers, les habitants ont dû tenter de contenir les flammes par leurs propres moyens.
Le défi logistique d'une métropole en expansion
Face à cette situation, l'administration municipale annonce avoir passé commande pour une trentaine de nouveaux véhicules. Ce chiffre correspond à une estimation établie dès 2023 par le commandement du corps municipal pour couvrir l'ensemble des 24 communes de la capitale. Cependant, les détails relatifs au coût, à la provenance et aux délais de livraison de cette commande restent inconnus. La dépendance actuelle à la caserne de la Gombe, couplée aux contraintes urbaines que sont les embouteillages chroniques et l'étroitesse des voies d'accès, souligne l'urgence de déployer une stratégie de secours plus décentralisée et mieux équipée pour répondre aux risques croissants d'incendies dans une métropole de cette envergure.