Le versement récent d'un dividende de 30 millions de GH¢ par la Ghana Airports Company Limited (GACL) à l'État ghanéen fait l'objet d'une remise en question critique. Selon l'Africa Policy Lens (APL), cette opération financière ne refléterait pas une réelle rentabilité opérationnelle, mais résulterait d'ajustements comptables et de mesures de restructuration de la dette.
Une performance opérationnelle en déclin
L'analyse des comptes audités de 2025 révèle une fragilité structurelle au sein de l'entreprise publique. L'APL souligne une baisse de 9,15 % des revenus d'exploitation principaux, passant de 2,02 milliards de GH¢ en 2024 à 1,83 milliard de GH¢ en 2025. Cette érosion de l'activité cœur de métier contraste avec la communication officielle sur un redressement spectaculaire de la société.
L'impact des gains comptables et de la dette
La rentabilité affichée de 354,6 millions de GH¢ serait largement artificielle. L'APL pointe du doigt l'intégration de 578 millions de GH¢ issus de gains de réévaluation, des écritures comptables qui ne correspondent pas à des flux de trésorerie réels générés par le trafic passager. Par ailleurs, la capacité de verser ce dividende a été rendue possible par un moratoire sur le remboursement du principal d'un prêt syndiqué, offrant une bouffée d'oxygène temporaire à la trésorerie de l'entreprise.
La dépendance au hub de Kotoka
Le modèle économique actuel repose exclusivement sur l'aéroport international de Kotoka, qui compense les pertes chroniques des infrastructures régionales. La direction de la GACL a elle-même reconnu que les aéroports de Kumasi, Tamale, Sunyani, Wa et Takoradi ne sont pas encore rentables. Cette situation soulève des interrogations sur la pérennité des investissements consentis dans ces plateformes aéroportuaires secondaires.
Exigences de transparence et contrôle parlementaire
Face à ces éléments, l'APL exhorte le ministère des Transports et la GACL à publier l'intégralité des états financiers audités et à clarifier la part réelle du profit adossée à des liquidités. Le think tank appelle également le Parlement ghanéen à ouvrir une enquête pour évaluer la viabilité opérationnelle de l'entreprise. L'enjeu est de taille : il s'agit de déterminer si la gestion aéroportuaire doit privilégier des dividendes symboliques ou une réduction des taxes pesant sur les usagers.