Face aux difficultés structurelles de l'Electricity Company of Ghana (ECG), la simple hausse des tarifs ne constitue pas une solution pérenne. Selon Smith Prosper Boahene, analyste à l'Institute for Energy Security, la priorité doit impérativement se déplacer vers la modernisation des infrastructures et l'amélioration de la gestion commerciale pour garantir la viabilité financière du secteur.
Le poids des pertes techniques et commerciales
Le diagnostic est clair : l'ECG souffre de pertes massives, estimées à 26 % en 2025, avec une projection de 25 % pour l'année en cours. Ces pertes sont de deux ordres. D'une part, les pertes techniques, directement liées à la vétusté des infrastructures de distribution, entraînent une déperdition importante de l'énergie transportée. D'autre part, les pertes commerciales, marquées par une incapacité chronique à recouvrer l'intégralité des revenus liés à la fourniture d'électricité, fragilisent l'ensemble de la chaîne de valeur énergétique.
Un impact direct sur la chaîne de paiement
L'incapacité de l'ECG à comptabiliser et facturer correctement l'énergie distribuée crée un effet domino financier. Ce déficit de revenus empêche l'opérateur de régler ses dettes envers les producteurs indépendants d'électricité (IPP) et de respecter le mécanisme de cascade de trésorerie (cash waterfall mechanism). Cette situation impose une charge financière lourde à l'État ghanéen, qui a déjà dû décaisser plus de 1,5 milliard de dollars pour éponger les arriérés du secteur, incluant les frais de capacité et les coûts liés aux combustibles.
Le débat sur la participation du secteur privé
La question de l'implication du secteur privé dans la gestion de l'ECG et de la NEDCo, vivement contestée par le Trades Union Congress (TUC), doit être abordée sous l'angle de l'efficacité opérationnelle plutôt que par le prisme de la privatisation pure. Pour l'analyste, il est crucial de distinguer ces deux concepts. Le débat public gagnerait à se concentrer sur des propositions politiques concrètes capables de transformer la gestion opérationnelle de l'entreprise. L'enjeu est de taille : il s'agit de trouver un équilibre entre la nécessité de rentabiliser le réseau et la protection des consommateurs contre une inflation tarifaire devenue inefficace pour redresser les comptes de l'opérateur national.