La mise en place de programmes de vente groupée de fournitures scolaires, baptisés EduPack, suscite une vive controverse au Ghana. Cette pratique, qui impose aux parents des dépenses avoisinant les 1 700 GHS, est dénoncée comme une entrave directe à la politique de gratuité de l'enseignement secondaire (Free SHS).
Une pression financière sur les familles
Le débat porte sur la conformité de ces ventes avec l'esprit de la réforme éducative nationale. Yaw Opoku Mensah, porte-parole de l'ancien ministre de l'Éducation, a fermement critiqué ce modèle économique, estimant qu'il transforme le système éducatif en une source de profit au détriment des ménages. Pour les critiques, exiger l'achat de kits complets auprès d'un fournisseur unique contredit l'objectif initial de la politique publique, qui vise précisément à alléger le fardeau financier des parents lors de l'admission des élèves dans les établissements publics.
Le rôle contesté de Prospectus Ghana Limited
Au cœur de la polémique, la société Prospectus Ghana Limited est accusée par le Conseil national des associations de parents d'élèves (NCPTA) d'opérer sans l'autorisation formelle du Service de l'éducation du Ghana (GES). Si l'entreprise défend la légalité et le caractère volontaire de son programme, arguant qu'il simplifie le processus d'admission, le NCPTA maintient que les parents doivent conserver la liberté de s'approvisionner sur le marché libre. Des preuves visuelles circulant en ligne, montrant des livraisons effectuées au sein d'établissements prestigieux comme le lycée Presbyterian Boys (PRESEC), alimentent les interrogations sur les autorisations réelles dont bénéficie le prestataire.
L'exigence de transparence du Service de l'éducation
Face à ces tensions, le GES a rappelé l'existence d'un prospectus national harmonisé, publié en septembre dernier, destiné à standardiser les besoins des élèves. Le NCPTA exhorte désormais les autorités éducatives à intervenir pour sanctionner toute école qui contraindrait les familles à passer par des circuits de vente exclusifs. L'enjeu est de taille : il s'agit de garantir que la gratuité de l'enseignement ne soit pas contournée par des frais annexes déguisés, tout en assurant une équité de traitement pour l'ensemble des élèves du système public ghanéen.