La Defense Intelligence Agency met en garde contre les risques d'une vente de F-35 à l'Arabie saoudite, craignant une exposition de la technologie américaine à la Chine.
Un contrat stratégique sous haute surveillance
L'accord, portant sur 48 avions de combat F-35, représente un enjeu majeur pour les États-Unis. L'administration Trump avait initié ce dossier, qui a franchi une étape cruciale au Pentagone avant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth était sur le point de le valider, mais le rapport de la DIA a suscité des inquiétudes.
Espionnage et partenariat sécuritaire : les craintes américaines
Selon le New York Times, la technologie du F-35 pourrait être compromise par l'espionnage chinois ou le partenariat sécuritaire entre la Chine et l'Arabie saoudite. Le rapport de la DIA souligne deux failles potentielles : l'accès de sociétés chinoises à certaines infrastructures saoudiennes et l'utilisation d'équipements de télécommunications chinois par le royaume. Des responsables américains envisagent des garanties supplémentaires, mais leur contenu reste flou.
Un précédent avec les Émirats arabes unis
La vente de F-35 aux Émirats arabes unis avait été suspendue sous l'administration Biden, en raison de craintes similaires liées aux liens avec la Chine. Les Émiratis avaient refusé les conditions posées par Washington, et le dossier n'avait pas abouti. Ce précédent ajoute à la prudence des États-Unis dans le cas de l'Arabie saoudite.
La rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine
Ce différend s'inscrit dans un bras de fer plus large entre les États-Unis et la Chine pour le contrôle des technologies sensibles. Depuis 2022, les administrations américaines ont imposé des restrictions à l'exportation de semi-conducteurs et d'équipements de pointe vers la Chine, invoquant des risques pour leur sécurité nationale. Ces mesures visent à freiner la modernisation militaire chinoise et sa capacité à produire des puces avancées.
L'implication d'Israël dans l'équation
Au-delà de la question chinoise, la vente à Ryad soulève un autre défi pour Washington : le maintien de la supériorité militaire d'Israël dans la région. Israël est actuellement le seul pays du Moyen-Orient à opérer le F-35, et l'arrivée de cet appareil dans l'arsenal saoudien pourrait bouleverser les équilibres aériens régionaux. L'ambassade saoudienne à Washington n'a pas souhaité commenter, et la Defense Intelligence Agency a refusé de s'exprimer sur son rapport.