Face aux tensions récurrentes sur son réseau électrique, la Tunisie engage une transformation structurelle de son système énergétique. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a lancé un appel d’offres international pour le déploiement de systèmes de stockage par batteries, visant à sécuriser l’approvisionnement national et à faciliter l’intégration des énergies renouvelables.
Un déploiement stratégique de 300 mégawatts
Le projet, baptisé « Battery Energy Storage Systems » (Bess), prévoit l’installation de dix unités de stockage totalisant une puissance de 300 mégawatts (MW) pour une capacité de 600 mégawattheures (MWh). Ces infrastructures seront réparties sur trois zones géographiques stratégiques : le Nord (Ben Arous, Gaâfour, Mateur, Kchabta), le Centre (Msaken, Ksour Essef, Bir Lahfey) et le Sud (Gabès Sud, Médenine, Midoun-Djerba). Le gouvernement a fixé un calendrier ambitieux, avec une première tranche de 150 MW opérationnelle dès l’été 2027, afin de prévenir les coupures de courant observées lors des pics de demande de l’été 2026.
Optimisation du réseau et intégration du solaire
Au-delà de la simple sécurisation, ces batteries joueront un rôle de régulateur technique. En absorbant l’énergie excédentaire lors des périodes de faible consommation ou de forte production photovoltaïque, elles permettront de réinjecter cette électricité sur le réseau lors des pics de demande. Cette flexibilité est essentielle pour stabiliser la fréquence et la tension du réseau national, tout en soutenant l’objectif gouvernemental d’atteindre 35 % d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2030.
Un appel d’offres international en phase finale
La procédure de passation des marchés, référencée sous le numéro 2026 E 4017, est en cours de finalisation. La Steg a prolongé la date limite de soumission des offres au 11 novembre, date à laquelle l’ouverture des dossiers technico-financiers est prévue au siège de l’entreprise à Tunis. Ce projet « clés en main », qui inclut la conception, l’installation et la maintenance, marque une étape décisive pour réduire la dépendance du pays aux importations d’électricité, notamment celles en provenance de l’Algérie, et pour renforcer la résilience du secteur énergétique tunisien face aux défis climatiques et économiques.