La Tunisie face à une pénurie prolongée d'eau en bouteille sur fond de crise industrielle et logistique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
La Tunisie face à une pénurie prolongée d'eau en bouteille sur fond de crise industrielle et logistique

La Tunisie traverse une crise persistante d'approvisionnement en eau minérale, marquée par des rayons vides et un rationnement imposé aux consommateurs comme aux professionnels. Cette situation, qui dure depuis un mois, résulte d'une conjonction de facteurs structurels, allant de la fragilité du réseau électrique aux tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales en matières plastiques.

L'impact des défaillances énergétiques sur la production

Les coupures d'électricité récurrentes observées durant le mois de juillet ont durement affecté les zones industrielles, paralysant les lignes de production des usines d'embouteillage. Cette interruption de l'activité, couplée à une demande estivale exacerbée par une canicule intense, a créé un déséquilibre immédiat sur le marché. En tant que quatrième consommateur mondial d'eau embouteillée, la Tunisie subit de plein fouet cette baisse de cadence, forçant les autorités à intervenir par des mesures de contrôle des prix et des saisies de stocks illégaux, totalisant plus de 147 000 litres au cours du mois d'août.

La dépendance aux importations de PET

Au-delà des aléas énergétiques locaux, le secteur est fragilisé par une dépendance accrue aux importations de polyéthylène téréphtalate (PET), le matériau indispensable à la fabrication des bouteilles. Les perturbations logistiques mondiales, notamment celles affectant les flux en provenance de Chine, de Turquie et d'Arabie Saoudite via le détroit d'Ormuz, ont provoqué une envolée des cours. Le prix de la tonne de PET est passé de 800 à 1 400 euros, renchérissant les coûts de production pour les industriels tunisiens.

Une fragilité structurelle du tissu industriel

L'ONG Alert souligne que la vulnérabilité du secteur est également le fruit d'une politique de gestion des stocks devenue trop restrictive. Les contraintes douanières et les incitations à limiter les réserves de matières premières ont conduit les usines à adopter une production en flux tendu. Cette stratégie, bien que visant à optimiser les coûts, prive aujourd'hui le pays de stocks stratégiques capables d'amortir les chocs d'approvisionnement. Face à cette situation, le président Kaïs Saïed a qualifié ces perturbations d'anormales, évoquant la possibilité d'actes de sabotage, tandis que les professionnels du secteur et les autorités promettent un retour progressif à la normale.

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