La détection de la tuberculose de l’olivier dans les gouvernorats de Mahdia et de Sfax a suscité des inquiétudes légitimes au sein du secteur oléicole tunisien. Si cette pathologie bactérienne, causée par Pseudomonas savastanoi, est bien connue des experts méditerranéens, sa gestion rigoureuse est devenue une priorité pour préserver la productivité des vergers face à un risque de propagation rapide.
Une maladie bactérienne endémique
Contrairement aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, la tuberculose de l'olivier n'est pas une pathologie émergente. Il s'agit d'une maladie bactérienne établie de longue date dans le bassin méditerranéen, présente notamment en Grèce, en Italie, en France et en Tunisie. Les autorités agricoles soulignent qu'elle n'entretient aucun lien avec la cochenille du cactus, un autre fléau ayant durement touché les plantations de figues de Barbarie dans le pays. L'enjeu majeur reste toutefois son impact direct sur le rendement des arbres infectés.
Sécuriser l'approvisionnement et la plantation
La prévention repose avant tout sur la traçabilité des plants. Le Dr Noureddine Nasr, consultant international en développement agricole, déconseille formellement l'usage de vieux oliviers déracinés, communément appelés « Zitoun El Koub », dont le transfert constitue un vecteur majeur de dissémination de la bactérie. Les agriculteurs sont invités à s'approvisionner exclusivement auprès de pépinières agréées par le ministère de l'Agriculture, garantissant ainsi un contrôle sanitaire officiel et évitant les circuits informels.
Protocoles de taille et gestion des foyers
La manipulation des outils de taille représente un risque critique de transmission. Il est impératif d'attribuer des outils spécifiques à chaque ouvrier et de procéder à une désinfection systématique selon les normes techniques. Une stratégie de taille rigoureuse est également préconisée : les arbres sains doivent être traités en priorité, avant toute intervention sur les sujets suspects ou infectés. En cas d'infection avérée, les branches et chancres doivent être retirés et brûlés immédiatement sur place, au pied de l'arbre, pour éviter toute contamination lors du transport.
Vigilance face aux vecteurs de propagation
Au-delà des pratiques culturales, la surveillance doit être constante. Le rôle de certains insectes dans la transmission de la bactérie impose une vigilance accrue et un suivi périodique de l'état sanitaire des vergers. Une intervention précoce, dès l'apparition des premiers symptômes, demeure le levier le plus efficace pour limiter les pertes économiques et protéger la récolte nationale, dans un contexte où la réactivité des exploitants est déterminante pour la santé du patrimoine oléicole tunisien.