La Tunisie s'engage dans une transition vers la mobilité électrique, marquée par la nécessité d'étendre son réseau de bornes de recharge tout en adaptant son cadre réglementaire. Ce déploiement soulève toutefois une question technique cruciale : la capacité du réseau électrique national à absorber la charge supplémentaire induite par une multiplication des points de recharge rapide.
La contrainte de la charge simultanée
Si le réseau électrique tunisien actuel peut supporter les besoins des véhicules électriques en circulation, l'augmentation massive du nombre de points de charge change la donne. Adnan Haddad, expert en efficacité énergétique, souligne qu'une concentration de véhicules en recharge simultanée dans une même station pourrait provoquer des pics de consommation critiques. La planification du renforcement des infrastructures locales et des transformateurs devient donc une priorité immédiate pour éviter toute saturation du système.
L'impératif de la recharge intelligente
Pour pallier les risques de surcharge, l'adoption de technologies de recharge intelligente est préconisée. Ce système permet de réguler la distribution d'électricité en fonction du nombre de véhicules connectés et de la capacité disponible en temps réel. Cette approche technique est jugée indispensable pour garantir une compatibilité durable entre la demande croissante des usagers et les capacités réelles du réseau national.
Vers une synergie avec les énergies renouvelables
Au-delà de la gestion de la demande, la Tunisie envisage d'intégrer les énergies renouvelables dans son écosystème de mobilité. L'utilisation de panneaux solaires pour alimenter les stations de recharge est identifiée comme une opportunité stratégique pour lier le développement du transport électrique à la transition énergétique globale du pays. Cette solution permettrait de réduire la pression sur le réseau conventionnel tout en favorisant une mobilité plus durable.
Une dynamique de déploiement public-privé
Le développement du réseau de bornes est actuellement porté par une collaboration entre l'Agence nationale pour la maîtrise de l'énergie (ANME) et des investisseurs privés. Parallèlement, des municipalités et des établissements publics ont entamé l'installation de points de charge sur leurs territoires respectifs. Malgré ces initiatives, le maillage actuel demeure insuffisant pour répondre aux besoins des usagers, imposant une accélération des investissements et des études techniques préalables pour chaque nouvelle infrastructure de recharge rapide.