Le gouvernement thaïlandais a officiellement durci son arsenal législatif pour faciliter l'expulsion des touristes et travailleurs étrangers dont le comportement est jugé illégal ou contraire aux coutumes locales. Cette décision, actée par la publication de nouvelles règles dans la Gazette royale, marque une volonté des autorités de reprendre le contrôle sur les flux migratoires et de préserver l'ordre public dans un pays où le tourisme représente plus de 10 % du PIB.
Un cadre légal renforcé contre les infractions
Les nouvelles dispositions ciblent spécifiquement les étrangers ayant commis des délits variés, allant du dépassement de la durée de visa au travail illégal, en passant par l'usage de faux documents ou l'exploitation frauduleuse d'entreprises. Sont également concernées les infractions passibles d'une peine d'emprisonnement d'au moins cinq ans. Ces mesures, approuvées en juillet par le gouvernement du Premier ministre Anutin Charnvirakul, visent à instaurer une tolérance zéro face aux comportements jugés incompatibles avec les valeurs culturelles du royaume.
Réponse aux incivilités et aux troubles à l'ordre public
Cette offensive législative fait suite à une série d'incidents impliquant des étrangers, largement relayés par les médias locaux. Parmi les faits marquants ayant cristallisé le débat, l'expulsion en mai d'un couple d'Espagnols et de Péruviens, surpris lors de relations sexuelles en public, a illustré la fermeté nouvelle des autorités. Le pays a également été secoué par des tensions liées à des comportements discriminatoires dans des établissements privés, ainsi que par des altercations récurrentes impliquant des touristes dans les zones de forte affluence.
Un équilibre délicat pour le secteur touristique
Malgré cette volonté de durcissement, la Thaïlande reste dans une position paradoxale. Le royaume, qui prévoit d'accueillir environ 33,5 millions de visiteurs en 2026, demeure structurellement dépendant de cette manne financière. Pour concilier attractivité et sécurité, les autorités avaient déjà réduit, en mai dernier, la durée des séjours sans visa de 60 à 30 jours pour les ressortissants de plus de 90 pays. Le ministre du Tourisme, Surasak Phancharoenworakul, a réaffirmé que si la Thaïlande souhaite continuer à accueillir les voyageurs et les investisseurs, le respect de la loi et des coutumes locales constitue désormais une condition sine qua non du séjour.