La tentative d'interpellation du député de Manhyia South, Nana Agyei Baffour Awuah, par l'Office des crimes économiques et organisés (EOCO) au sein même du complexe judiciaire d'Accra, provoque un débat sur les méthodes des forces de l'ordre. Cette opération, qui a dû être interrompue face à une situation devenue instable, soulève des questions fondamentales sur le respect des procédures légales et la sécurité au sein des enceintes judiciaires.
Une opération jugée inappropriée par des experts juridiques
L'ancien député de Tamale Central et avocat, Inusah Fuseini, a vivement critiqué la stratégie adoptée par l'EOCO. Selon lui, le choix du lieu — l'enceinte du tribunal — était particulièrement risqué et « volatil », exposant les personnes présentes à des conséquences imprévisibles. Il souligne que l'approche initiale des agents, décrite comme civile et cordiale, a soudainement basculé, créant une tension inutile dans un environnement où la sérénité devrait prévaloir.
L'absence de base légale pour une arrestation sans mandat
Au cœur de la polémique réside la question de la légalité de l'acte. Inusah Fuseini conteste la possibilité pour l'EOCO d'effectuer une arrestation sans mandat dans ce contexte précis. Il rappelle qu'aucune infraction n'a été commise en présence des agents, et qu'aucun soupçon raisonnable n'a été officiellement formulé à l'encontre du député pour justifier une telle mesure coercitive. L'agence cherchait initialement à obtenir la coopération de M. Awuah dans le cadre d'une enquête ouverte, suite à deux convocations restées sans réponse depuis février 2026.
La position de l'EOCO et les suites de l'enquête
De son côté, l'EOCO maintient que cette tentative d'arrestation s'inscrivait dans le cadre de ses prérogatives statutaires pour assurer la présence du député dans une enquête en cours. L'institution a justifié l'arrêt de l'opération par une évaluation des risques, estimant que poursuivre l'action aurait pu mettre en péril la sécurité publique. L'Office a confirmé que l'enquête demeure active et qu'une analyse des preuves vidéo disponibles sera effectuée pour déterminer les prochaines étapes de la procédure.