La ville de Durban est le théâtre d'une montée des tensions xénophobes, marquée par des affrontements récurrents entre des manifestants anti-immigration et des ressortissants étrangers. Ces derniers, contraints de vivre dans un campement de fortune depuis trois mois, font face à des menaces directes et à une précarité croissante dans l'indifférence des autorités.
Un campement sous haute tension
Depuis le début du mois de juin 2026, des centaines d'étrangers, dont de nombreux ressortissants congolais, se sont installés rue Che Guevara, devant les bureaux du ministère de l'Intérieur à Durban. Ce regroupement fait suite à une vague de menaces et de représailles xénophobes ayant poussé ces individus à quitter leurs domiciles. Le 3 septembre 2026, une nouvelle altercation a éclaté lorsque des membres du mouvement « March and March » ont pris pour cible ce campement, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre pour disperser la foule. Les heurts ont occasionné plusieurs blessés et l'arrestation d'un ressortissant étranger.
L'impasse des revendications humanitaires
Face à cette situation, les associations de défense des droits humains, à l'instar de Siyafana Sonke Action Campaign, dénoncent l'inaction du gouvernement sud-africain. Les organisations réclament la mise en place de mesures d'urgence, notamment l'accès à des hébergements sécurisés, des soins de santé et la scolarisation des enfants présents sur le site. Selon les militants associatifs, la réponse étatique manque de fermeté face aux groupes prônant le départ forcé des étrangers, laissant ces populations dans une vulnérabilité extrême.
Le KwaZulu-Natal, épicentre des tensions
Le mouvement « March and March » justifie ses actions par une volonté affichée de « nettoyer » l'espace public. Cette rhétorique s'inscrit dans un contexte plus large de rejet de l'immigration au sein de la province du KwaZulu-Natal. Cette région est devenue, depuis plusieurs mois, le foyer principal d'un mouvement anti-immigration qui a déjà conduit des dizaines de milliers de ressortissants étrangers, majoritairement originaires d'autres pays africains, à quitter le territoire sud-africain. La persistance de ces tensions soulève des inquiétudes majeures quant à la protection des libertés fondamentales et à la sécurité des résidents étrangers dans le pays.