Le président syrien Ahmad al-Chareh a salué lundi le retrait officiel de son pays de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, une désignation historique qui pèse sur Damas depuis près de cinq décennies. Une décision qualifiée de « moment historique » par le chef de l’État, qui a également remercié Donald Trump pour cette avancée, tout en soulignant son impact potentiel sur la reconstruction d’un pays ravagé par plus de dix ans de conflit.
Une désignation de 47 ans enfin levée
La Syrie figurait sur cette liste depuis 1979, une époque où Washington sanctionnait le régime en place pour son soutien présumé au terrorisme. Cette classification avait depuis entravé l’accès du pays aux marchés financiers internationaux et limité les investissements étrangers, aggravant les difficultés économiques d’un État déjà fragilisé par la guerre civile. Le retrait, annoncé en juillet 2024 après une notification au Congrès, marque ainsi la fin d’une ère de sanctions américaines contre Damas.
Un geste diplomatique et économique
Outre la Syrie, les États-Unis ont également retiré Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de leur liste noire des organisations terroristes. Ce mouvement, autrefois lié à Al-Qaïda, avait rompu avec l’organisation en 2016, une évolution qui semble désormais reconnue par Washington. Pour Damas, cette double décision ouvre une fenêtre d’opportunités : faciliter l’afflux d’investissements étrangers et accélérer la reconstruction des infrastructures détruites par plus d’une décennie de conflit.
La normalisation en marche depuis la chute d’Assad
Cette annonce s’inscrit dans un processus plus large de réintégration internationale de la Syrie. Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont progressivement levé leurs sanctions contre Damas. Al-Chareh, élu président en 2025, a marqué cette dynamique par une visite historique à la Maison-Blanche en novembre de la même année, première d’un chef d’État syrien depuis l’indépendance du pays en 1946. Ces gestes symbolisent une volonté de tourner la page d’un isolement prolongé.
Quelles perspectives pour l’économie syrienne ?
Si le retrait de la liste noire américaine est un signal fort, son impact concret dépendra de la capacité de Damas à attirer des capitaux étrangers. La reconstruction du pays, estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, nécessite des partenariats internationaux et des garanties sécuritaires. Les autorités syriennes misent sur cette levée de sanctions pour relancer des secteurs clés comme l’énergie, les infrastructures ou l’agriculture, tout en rassurant les investisseurs sur la stabilité politique et économique à venir.