La Syrie, sous un nouveau régime, a officiellement demandé à rejoindre le Partenariat international contre l'impunité d'utilisation des armes chimiques (PICIAC), une initiative lancée par la France en 2018. Cette candidature, annoncée à l'occasion du 13e anniversaire de l'attaque chimique de la Ghouta orientale, marque une volonté affichée de tourner la page des crimes de guerre du régime Assad.
Une demande symbolique à l'anniversaire d'un massacre
Le 21 août 2013, une attaque chimique dans la Ghouta orientale, banlieue de Damas, avait fait plus de 1 400 morts selon les services de renseignement américains. Les images des victimes, notamment des enfants, avaient provoqué une onde de choc mondiale. Treize ans plus tard, la Syrie, désormais dirigée par des autorités post-Assad, a choisi cette date pour soumettre sa candidature au PICIAC, un partenariat regroupant 40 pays engagés dans la lutte contre l'utilisation d'armes chimiques, interdite par le droit international.
Paris salue un geste en faveur de la justice, mais la crédibilité reste à prouver
La France a immédiatement réagi en qualifiant cette initiative de « démonstration évidente de l'engagement de la Syrie en faveur du renforcement de la responsabilité et de la justice ». Paris et Damas ont souligné dans une déclaration conjointe « le rôle capital » de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans la documentation des crimes du régime précédent. Cependant, cette candidature intervient après des années de dissimulation : la Syrie avait rejoint l'OIAC en 2013 sous la pression internationale, mais avait omis de déclarer l'intégralité de son arsenal chimique et tenté de tromper les inspecteurs.
L'OIAC rétablit la Syrie dans ses droits, mais les défis persistent
En juillet 2026, l'OIAC a rétabli le droit de vote de la Syrie, suspendu en 2021 en raison de son manque de coopération. Les nouvelles autorités syriennes ont depuis autorisé une présence permanente d'inspecteurs de l'organisation dans le pays, une mesure inédite qui vise à documenter les sites suspects et à interroger les témoins des attaques passées. Malgré ces avancées, des questions subsistent sur la transparence du nouveau régime, notamment concernant les stocks résiduels d'armes chimiques non déclarés par l'ancien pouvoir.
Un pari sur la reconstruction de la confiance internationale
Cette candidature au PICIAC s'inscrit dans une stratégie plus large de réhabilitation de la Syrie sur la scène internationale. Après la chute de Bachar el-Assad fin 2024, les autorités actuelles misent sur la coopération avec les instances onusiennes pour regagner une légitimité perdue. Cependant, la crédibilité de cette démarche dépendra de la capacité du pays à prouver, preuves à l'appui, l'élimination totale de ses armes chimiques et à faciliter les enquêtes sur les crimes passés. Pour l'instant, Paris et ses partenaires observent avec prudence, tout en saluant ce qui pourrait être un premier pas vers une justice post-conflit.