La suspension des activités académiques dans l'est de la RDC plonge des milliers d'étudiants dans l'incertitude

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 10 lectures
La suspension des activités académiques dans l'est de la RDC plonge des milliers d'étudiants dans l'incertitude

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a ordonné la suspension immédiate des activités académiques dans les zones sous contrôle de la coalition AFC/M23, incluant les villes de Goma et Bukavu. Cette décision radicale, qui affecte onze établissements publics, place des milliers d'étudiants dans une situation de précarité académique et sociale sans précédent.

Une rupture brutale du parcours universitaire

La mesure gouvernementale, qui s'applique aux inscriptions, aux cours et aux délibérations jusqu'à nouvel ordre, est vécue comme une injustice par la communauté estudiantine. À l'Université de Goma, le sentiment d'abandon domine. Pour de nombreux apprenants, cette interruption constitue une entrave directe à leur droit à l'éducation et compromet gravement leur avenir professionnel. Les étudiants, qui revendiquent le caractère apolitique du milieu universitaire, appellent à une concertation urgente entre les autorités de Kinshasa et les acteurs locaux pour éviter une année blanche.

La stratégie de délocalisation des cursus

Face à l'impasse, le ministère de l'Enseignement supérieur propose une alternative : la poursuite des études en dehors des zones de conflit. Les étudiants des établissements publics concernés, ainsi que ceux des institutions privées, sont invités à s'inscrire dans d'autres structures reconnues par l'État. Une priorité est accordée aux finalistes de l'année 2025-2026, qui peuvent valider leurs derniers acquis ailleurs, et aux étudiants en médecine, pour lesquels des mesures d'intégration spécifiques sont prévues afin de maintenir la continuité des parcours cliniques.

Les limites logistiques et financières du dispositif

Si l'État ouvre une porte de sortie, la mise en œuvre concrète de ce plan soulève de vives inquiétudes. Aucun établissement d'accueil n'a été formellement désigné pour absorber les flux d'étudiants déplacés, et aucune enveloppe budgétaire n'a été annoncée pour couvrir les frais de scolarité, le logement ou le transport. De son côté, le mouvement AFC/M23 rejette la décision de Kinshasa et promet de prendre en charge les salaires du personnel académique, créant une situation de confusion administrative où les étudiants se retrouvent pris en étau entre deux autorités rivales. L'absence de garanties matérielles laisse craindre que cette solution théorique ne soit inaccessible pour une large partie de la jeunesse estudiantine de la région.

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