Peter Obi, ancien gouverneur de l’État d’Anambra et candidat à la présidentielle de 2023, réaffirme son opposition à une suppression brutale des subventions au carburant au Nigeria. Il plaide pour une approche progressive, conditionnée à des investissements ciblés dans des secteurs clés comme l’agriculture, la santé et l’éducation, afin d’éviter d’aggraver la précarité des ménages.
Une suppression des subventions mal planifiée et coûteuse pour les citoyens
Obi reconnaît que le système de subventions au carburant nigérian était miné par la corruption, mais il dénonce une suppression effectuée sans cadre clair ni phases adaptées. Selon lui, cette décision a directement pesé sur le pouvoir d’achat des Nigérians, sans que les économies réalisées ne soient réinvesties de manière transparente et efficace. « Les citoyens ne devraient pas subir des coûts énergétiques plus élevés tandis que les économies réalisées disparaissent sans améliorer leur quotidien », souligne-t-il.
Des priorités sectorielles pour transformer les économies en bénéfices concrets
Plutôt que de supprimer les subventions sans filet, Obi propose une stratégie alternative : identifier et éliminer les détournements dans le système actuel, puis procéder à une suppression progressive et encadrée. Les fonds ainsi économisés devraient être alloués à des secteurs prioritaires, notamment l’agriculture, la santé, l’éducation, la réduction de la pauvreté et la sécurité nationale. « Ces domaines sont capables de créer des emplois, de stimuler la croissance et d’améliorer durablement les conditions de vie », insiste-t-il.
L’agriculture, levier de transformation économique et sociale
Obi met en avant le potentiel agricole du Nigeria, en particulier dans le Nord du pays, où d’immenses terres arables pourraient être exploitées pour la production alimentaire, la création d’emplois et les exportations. Il cite en exemple des pays aux ressources limitées ayant réussi à transformer leur secteur agricole, prouvant que le Nigeria, riche en terres et en main-d’œuvre, pourrait en faire autant. « Avec une gouvernance compétente et honnête, le pays pourrait non seulement nourrir sa population, mais aussi exporter des denrées et générer des revenus », affirme-t-il.
Un appel à une gouvernance centrée sur l’intérêt général
Pour Obi, les défis économiques du Nigeria découlent avant tout de décennies de mauvaise gestion et de corruption. Il appelle à une refonte des priorités nationales, axées sur la sécurité alimentaire, les infrastructures, le développement du capital humain et l’unité nationale. « Le Nigeria dispose de toutes les ressources nécessaires pour prospérer. Il ne manque que des dirigeants intègres, compétents et déterminés à placer l’intérêt commun au-dessus des intérêts personnels », conclut-il.