La stratégie chinoise en Afrique centrale : entre domination industrielle en RDC et instabilité en RCA

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
La stratégie chinoise en Afrique centrale : entre domination industrielle en RDC et instabilité en RCA

La présence chinoise en Afrique centrale ne se résume plus à une simple extraction minière, mais s'inscrit dans une maîtrise croissante des chaînes de valeur mondiales. Si cette dynamique transforme la République démocratique du Congo en un acteur incontournable de la transition énergétique, elle contraste avec la situation en République centrafricaine, où l'exploitation demeure fragmentée et marquée par l'insécurité.

La montée en puissance industrielle de la Chine en RDC

La République démocratique du Congo s'est imposée comme le deuxième producteur mondial de cuivre, avec une production passant d'un million de tonnes en 2015 à plus de trois millions en 2025. Cette croissance spectaculaire est portée par des entreprises à capitaux chinois, qui contrôlent désormais entre 60 % et 65 % de la production nationale. Le basculement s'est accéléré entre 2016 et 2017, notamment avec le rachat par China Molybdenum Company (CMOC) de parts majeures dans la mine de Tenke Fungurume, consolidant ainsi une influence qui s'étend de l'extraction au raffinage.

Le cobalt au cœur des enjeux stratégiques

Le cobalt, essentiel à la fabrication des batteries électriques, illustre la profondeur de l'engagement chinois. Au-delà de l'exploitation, les investisseurs chinois ont sécurisé des pans entiers de la chaîne logistique, incluant le financement des infrastructures de transport et les unités de traitement. Cette mainmise, qui représente environ 60 % de la capacité d'extraction du pays en 2024-2025, suscite des débats sur la souveraineté économique. Si certains analystes y voient une menace pour les intérêts occidentaux, d'autres experts, comme Benoît Balla Gassango du Ceides, soulignent une reconfiguration pragmatique des influences plutôt qu'une hégémonie absolue.

Défis de gouvernance et contrastes régionaux

Malgré cette industrialisation, la RDC fait face à des obstacles persistants en matière de traçabilité et de redistribution des revenus, comme le souligne l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC). La coexistence entre une production industrielle de grande échelle et des circuits artisanaux informels fragilise la gestion des ressources. À l'inverse, en République centrafricaine, l'absence de statistiques fiables et l'insécurité chronique dans les zones minières empêchent toute structuration similaire. Dans ces régions, l'exploitation aurifère et diamantaire reste largement informelle, souvent sous l'influence de groupes armés, rendant l'autorité de l'État limitée et l'investissement étranger hautement complexe.

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