La startup malienne Kaicedra fait évoluer sa plateforme Map Action en introduisant le signalement vocal des risques environnementaux en langues nationales. Cette innovation vise à lever l'obstacle de la barrière linguistique pour permettre une participation citoyenne plus inclusive dans la gestion des inondations, de la pollution et de l'assainissement urbain.
Une réponse technologique aux barrières linguistiques
Jusqu'à présent, l'utilisation de Map Action nécessitait une maîtrise de l'écrit en français, ce qui limitait l'accessibilité de l'outil pour une partie de la population. Le nouveau dispositif, opérationnel en 2026, permet désormais aux citoyens de signaler un incident via une ligne téléphonique gratuite. En utilisant l'intelligence artificielle, le système transcrit et extrait les informations clés des messages oraux, notamment en bambara, avant une validation humaine. Cette étape est cruciale pour garantir la fiabilité des données transmises aux autorités locales.
Le défi de la donnée dans les langues locales
La mise en œuvre de cette solution repose sur un travail complexe de traitement du langage naturel. L'équipe de Kaicedra doit constituer des bases de données spécifiques aux expressions locales liées aux risques environnementaux pour entraîner efficacement ses modèles d'apprentissage automatique. Ce défi technique est indispensable pour que l'IA puisse interpréter correctement les descriptions orales des utilisateurs, malgré le faible volume de données numériques disponibles pour certaines langues nationales.
Vers une meilleure coordination avec les autorités
Au-delà de la collecte d'informations, l'enjeu majeur réside dans la réactivité des services publics. La plateforme combine les signalements citoyens avec l'imagerie satellitaire et des cartes ouvertes pour cartographier les zones à risque. Après une phase de test impliquant des étudiants et des chercheurs, le projet s'étend désormais à l'échelle nationale. Un atelier réunissant des représentants des 19 régions et du District de Bamako a souligné la nécessité d'accompagner ce déploiement par une formation accrue des acteurs locaux, condition sine qua non pour transformer ces alertes en interventions concrètes sur le terrain.