Pour maximiser l'exploitation de ses ressources pétrolières et gazières, le Ghana doit impérativement instaurer une cohérence politique durable. Cette stabilité réglementaire est présentée par les experts comme la condition sine qua non pour sécuriser les capitaux nécessaires au développement à long terme du secteur.
L'exigence de visibilité pour les investisseurs
Le secteur énergétique, caractérisé par des investissements massifs et des cycles d'exploitation longs, impose une prévisibilité que le cadre actuel doit renforcer. Selon Gideon Ayi-Owoo, associé chez Deloitte, les investisseurs internationaux réclament une clarté accrue sur les règles du jeu pour engager des fonds significatifs. Cette cohérence réglementaire est jugée essentielle pour passer d'une simple logique d'extraction à une stratégie de développement pérenne, capable de soutenir la croissance économique nationale.
Priorité à la transformation locale
Le débat sur les ressources africaines a radicalement évolué : l'enjeu n'est plus seulement d'identifier les gisements, mais de créer une valeur ajoutée locale. Plutôt que de se limiter à l'exportation de matières premières, le pays est encouragé à utiliser ses hydrocarbures comme levier d'industrialisation. L'objectif est de transformer ces ressources sur place pour générer des emplois et conserver une part plus importante des revenus au sein de l'économie nationale, à l'instar des modèles de coopération régionale comme le gazoduc de l'Afrique de l'Ouest.
Relance de la production et nouveaux engagements
Ces recommandations interviennent alors que le Ghana déploie des efforts pour inverser la tendance à la baisse de sa production pétrolière. Le gouvernement a déjà acté des engagements financiers majeurs, totalisant 3,5 milliards de dollars, dont 2 milliards destinés au forage de 20 nouveaux puits par les partenaires du champ Jubilee et 1,5 milliard pour le développement de champs par les partenaires de l'OCTP. Par ailleurs, l'extension des licences Jubilee et TEN jusqu'en 2040, validée par le Parlement, devrait permettre de débloquer 2 milliards de dollars supplémentaires, ouvrant la voie à de nouvelles campagnes d'exploration.