La lutte contre l'insécurité en Afrique de l'Ouest ne peut plus reposer exclusivement sur une approche militaire. Un récent sommet tenu à Ilisan-Remo, au Nigeria, a mis en lumière l'urgence de privilégier le renforcement des institutions et la restauration de la confiance citoyenne pour garantir une paix durable dans la région.
Les limites de la stratégie du tout-militaire
Depuis plusieurs décennies, les États ouest-africains concentrent leurs efforts sur l'augmentation des budgets de défense et l'acquisition d'équipements sophistiqués. Si la force armée demeure un outil indispensable pour contenir les menaces immédiates, les participants au sommet de l'Amandla Institute for Policy and Leadership Advancement ont souligné que les victoires sur le terrain ne se traduisent que rarement par une stabilité pérenne. L'instabilité persiste car les groupes extrémistes et les réseaux criminels s'adaptent plus rapidement que les structures étatiques, rendant les gains militaires précaires.
L'impératif d'une gouvernance préventive
Le constat est sans appel : l'insécurité prospère là où la gouvernance fait défaut. Pour inverser cette tendance, les décideurs sont appelés à transformer leur approche en passant d'une logique de réaction après les attaques à une stratégie de prévention proactive. Cela implique de garantir l'accès à la justice, de créer des opportunités économiques et de renforcer la transparence. L'efficacité des politiques publiques ne doit plus être évaluée par des statistiques militaires, mais par des indicateurs de bien-être humain et de confiance des populations envers l'État.
Le défi de l'application des cadres régionaux
L'Afrique de l'Ouest ne manque pas de mécanismes de sécurité, à l'instar des systèmes d'alerte précoce et des cadres de paix mis en place par la CEDEAO. Toutefois, ces outils se heurtent régulièrement à des problèmes de financement, à une mise en œuvre incohérente et à un manque de volonté politique constante. Face à des menaces transnationales — terrorisme et trafics illicites — qui ignorent les frontières, la coopération régionale doit impérativement s'accompagner d'une communication transparente. La sécurité, concluent les experts, est une construction politique et sociale autant qu'une nécessité opérationnelle.