La récente série de nominations au sein de l'appareil d'État sénégalais relance le débat sur la place réelle des femmes dans les instances de décision. Alors que le pays affiche une volonté historique de promouvoir la parité, les chiffres observés lors du Conseil des ministres du 10 septembre 2026 révèlent une tendance à la baisse préoccupante pour les acteurs de la société civile.
Un déséquilibre marqué dans les nominations administratives
Lors du Conseil des ministres du 10 septembre 2026, le Président Bassirou Diomaye Faye a procédé à 86 nominations aux emplois civils et militaires. Parmi celles-ci, seules neuf concernent des femmes, soit un taux de 10,5 %. Plus significatif encore, huit femmes qui occupaient des fonctions de responsabilité ont été remplacées par des hommes. Cette dynamique soulève des interrogations sur la représentativité au sein de l'administration, dans un pays où les femmes constituent la moitié de la population.
Le recul de la présence féminine au gouvernement
Cette tendance à la baisse ne se limite pas aux hautes directions administratives ; elle s'observe également au sein de l'exécutif. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Amine Lo, composé de 33 membres, ne compte désormais que quatre femmes, contre cinq dans l'équipe précédente dirigée par Ousmane Sonko. Les portefeuilles occupés par ces femmes incluent les Sports et la Jeunesse, la Famille et l'Action sociale, la Pêche et l'Économie maritime, ainsi qu'un ministère délégué auprès de la Culture.
L'enjeu de l'effectivité de la parité
La multiplication des remplacements de femmes par des hommes dans les postes de direction alimente une réflexion critique sur l'effectivité de la parité au Sénégal. Si le pouvoir discrétionnaire du chef de l'État en matière de nominations n'est pas contesté, la société civile souligne que chaque décret dessine le visage de l'État et de ses lieux de décision. La question centrale demeure celle de l'accès durable des femmes aux centres de pouvoir, au-delà des discours publics. Ce recul numérique pourrait, à terme, fragiliser les acquis en matière d'inclusion des compétences féminines dans la gouvernance nationale.