Une coalition d'une vingtaine d'organisations de la société civile sénégalaise a formellement dénoncé une recrudescence des pressions et des menaces visant ses membres. Face à ce qu'elles qualifient d'escalade structurelle, ces structures exigent des autorités des mesures concrètes pour assurer leur sécurité et préserver l'espace démocratique.
Un climat d'intimidation dénoncé
Le communiqué conjoint met en lumière une dégradation des conditions d'exercice des acteurs de la société civile. Les signataires pointent du doigt des menaces directes, illustrées par le cas de Babacar Ba, qui aurait été la cible de menaces de mort émanant, selon les organisations, d'un acteur politique proche du camp présidentiel. Au-delà de cet incident, le collectif déplore l'usage récurrent d'un lexique dégradant pour discréditer leur travail, citant des termes tels que « fumiers » ou « individus de mauvaise foi » employés pour qualifier des voix critiques.
La défense de l'indépendance citoyenne
Pour les organisations signataires, dont l'Africa Jom Center, la RADDHO et la Ligue Sénégalaise des Droits Humains, ces attaques ne sont pas isolées mais revêtent un caractère structurel visant à museler toute velléité de contrôle citoyen. Le collectif réaffirme sa détermination à poursuivre son rôle de veille, d'alerte et de proposition sur les enjeux d'intérêt national. Les organisations rappellent que le débat démocratique doit reposer sur la confrontation d'idées et d'arguments, et non sur l'usage de l'insulte ou de la coercition.
Appel à la responsabilité des autorités
Face à cette situation, le collectif interpelle directement les autorités compétentes. Il leur incombe désormais de prendre les dispositions nécessaires pour garantir l'intégrité physique des acteurs de la société civile. Les signataires insistent sur la nécessité de faire toute la lumière sur les menaces recensées, soulignant que la protection des libertés publiques est une condition sine qua non de la vitalité démocratique. Parmi les organisations engagées dans cette démarche figurent également le Réseau Siggil Jigéen, la COSCE, l'ONG-3D, le Forum du Justiciable, l'AFEX et la Convergence Africaine pour la Démocratie et les Droits Humains.