La plateforme des organisations de la société civile ghanéenne a officiellement interpellé le Comité de mise en œuvre de la révision constitutionnelle (CRIC) pour exiger une implication directe des citoyens dans le processus de réforme. Selon la présidente de la plateforme, la professeure Akosua Darkwah, la légitimité et la pérennité de la loi fondamentale dépendent de la capacité des Ghanéens à comprendre, consulter et influencer les propositions en cours.
Une exigence de transparence démocratique
Pour la société civile, la Constitution ne saurait être l'apanage exclusif du gouvernement, du Parlement ou d'un cercle restreint d'experts. La plateforme insiste sur la nécessité d'un processus où les contributions citoyennes sont non seulement recueillies, mais également prises en compte de manière visible. Cette approche est présentée comme la seule condition pour instaurer une confiance durable entre les institutions et la population, garantissant que les réformes reflètent les aspirations réelles de la nation.
Désaccords sur l'équilibre des pouvoirs
La plateforme a exprimé des réserves majeures sur 16 points spécifiques des réformes actuelles. Les critiques portent notamment sur la concentration excessive des pouvoirs entre les mains de la présidence et sur le manque de garanties constitutionnelles pour protéger les ressources publiques. Le groupe s'oppose à l'extension du mandat présidentiel, arguant que les ajustements déjà actés sur la période de transition et les pouvoirs de l'administration sortante rendent cette mesure inutile. Selon la professeure Darkwah, une limitation effective des prérogatives présidentielles et un renforcement de l'indépendance des institutions rendraient le mandat actuel de quatre ans tout à fait suffisant.
Réforme des nominations et décentralisation
Sur le plan institutionnel, la société civile plaide pour une rupture avec la discrétion présidentielle dans les nominations. Elle préconise des processus compétitifs, transparents et fondés sur le mérite, gérés par des organes de contrôle indépendants. Par ailleurs, le texte propose une séparation stricte entre l'exécutif et le législatif, en interdisant aux députés de siéger au sein des conseils d'administration ou des comités de passation de marchés publics. Enfin, la création d'une Commission de dévolution est jugée indispensable pour coordonner la décentralisation fiscale et administrative, tout en préparant le terrain pour l'élection locale des chefs d'exécutif, un levier jugé crucial pour une gouvernance plus proche des réalités territoriales.