La société civile du groupement de Kaniola, dans le territoire de Walungu, a formellement saisi les instances internationales pour dénoncer une série de crimes de guerre imputés aux rebelles de l'AFC/M23. Ces violences, marquées par des exécutions sommaires et des actes de torture, font peser une menace directe sur la sécurité des populations civiles locales.
Un climat de terreur documenté par la société civile
Dans une correspondance adressée au Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH), à la MONUSCO et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les forces vives locales pointent la responsabilité directe d'un officier de l'AFC/M23, le colonel Charles Kagigi. Selon les témoignages recueillis, cet officier aurait instauré un régime de terreur caractérisé par des pratiques de rançonnement systématique, des traitements inhumains et des assassinats ciblés au sein du groupement de Kaniola.
Chronologie d'une escalade meurtrière
Les faits rapportés par la société civile sur une période de quatre jours illustrent une dégradation rapide de la situation sécuritaire. Le 21 septembre, deux enseignants ont été victimes de tortures et d'une tentative d'assassinat à Nzibira-Luntukulu. Deux jours plus tard, à Kashanja, un conducteur de taxi a été extorqué avant d'être battu à mort. Le 24 septembre, trois civils ont été exécutés sommairement à Kaniola alors qu'ils rentraient d'un événement sportif. Ces actes, qualifiés de crimes de guerre par les organisations locales, constituent des violations flagrantes des Conventions de Genève et du Statut de Rome.
Exigences de sécurité et protection des populations
Face à la gravité des menaces proférées par le colonel Kagigi, qui a publiquement exprimé son intention de « raser » le groupement de Kaniola, la société civile exige son départ immédiat et sans condition. Cette demande s'accompagne d'un appel pressant aux autorités pour qu'elles prennent la mesure du calvaire enduré par les habitants. La structure locale met en garde contre les conséquences humanitaires et sécuritaires si aucune action concrète n'est entreprise pour mettre fin à ces exactions et garantir la protection des civils dans cette zone du Sud-Kivu.